Controverse autour du mausolée du «boucher des montagnes vertes»


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La ville d'Affile, près de Rome, a inauguré il y a quelques jours un mausolée à la mémoire de Rodolfo Graziani, ministre de la Défense sous Mussolini. Graziani, condamné pour crimes de guerre en 1948, est un personnage controversé, notamment pour son rôle en Libye à l'époque coloniale.

Nous sommes dans les années 1920. Mussolini règne sur la Libye, et Graziani et son vice-gouverneur dans la Cyrénaïque. Il n’a qu’un seul objectif : mater la rébellion anti-italienne. Il envoie des dizaines, voire des centaines de milliers de Libyens dans des camps de concentration. George Joffe, spécialiste du Maghreb à l’université de Cambrigde, souligne que beaucoup d’entre eux n’en sont jamais revenus.

« J’ignore combien de Libyens ont été envoyés dans ces camps. Les Italiens n’ont jamais rien publié à ce sujet. On sait toutefois que les prisonniers ont vécu dans des conditions atroces. Les épidémies les ont décimés, la faim aussi. Les conditions de vie étaient inimaginables ! Il s’agissait de camps à ciel ouvert, en plein désert ».

Pour l’archéologue Fadel al-gorini, le souvenir de Graziani reste vif en Libye : « C’était le boucher des montagnes vertes, le boucher de la Cyrénaïque. C’était un tueur. Nous nous souvenons très bien de lui. Nos plaies restent ouvertes. Nous n’avons pas oublié ce qu’il a fait aux Libyens. »

Le mausolée d’Affile soulève aussi la controverse en Italie. Pour la principale association d’anciens partisans, l’hommage à Graziani est une honte pour l’Italie.