Gambie: le gouvernement confirme l'exécution des neuf condamnés


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Les protestations n'y auront rien changé, neuf condamnés à mort ont été fusillés dimanche 26 août en Gambie. Les autorités l'ont annoncé lundi après plusieurs jours de confusion. Amnesty international avait signalé dès vendredi la mise en application des menaces du président Yahya Jammeh qui à la fin du ramadan avait annoncé que tous les prisonniers condamnés à mort seraient exécutés avant la mi-septembre. Selon les associations de défense des droits de l'homme, 47 personnes sont concernées.

Les neuf détenus ont été fusillés dimanche 26 août par un peloton d’exécution selon un communiqué diffusé par le ministère gambien de l’Intérieur. Le ministère précise les noms de ces détenus, parmi lesquels figurent trois ex-militaires accusés de trahison, ainsi qu’une femme d’origine sénégalaise. Les autorités gambiennes précisent que ces détenus avaient épuisé tous les moyens légaux de recours devant les tribunaux.

Le document rappelle surtout les mises en garde musclées formulées il y a une semaine par le président gambien Yahya Jammeh. Aucun acte de violence, aucune activité criminelle et d’indiscipline se traduisant par l’assassinat, la trahison et le trafic de drogue, et toute autre infraction passible de la peine de mort, ne seront tolérés, souligne le communiqué. La République de Gambie, poursuit le texte, est un Etat souverain qui, comme d’autres Etats souverains dans lesquels la peine de mort est appliquée, a le droit de mettre en oeuvre ses lois nationales telles que stipulées par sa Constitution.

Ces propos sonnent donc comme une réponse claire à la communauté internationale qui se préoccupe de ce dossier. L’Union africaine avait dépêché jeudi 23 août un émissaire chargé de discuter avec Yahya Jammeh. De son côté, l’Union européenne avait demandé dimanche la suspension des exécutions en Gambie. Catherine Ashton, la responsable de la diplomatie européenne, a annoncé que l’UE va « examiner d’urgence une réponse appropriée ».

Indignation d'Alioune Tine

En Afrique, l'association RADHO a réagi au micro de RFI à l'annonce de l'exécution. Son président, Alioune Tine, évoque le mépris de Yahya Jammeh pour ses interlocuteurs de l'Union africaine et de l'Union européenne, et dénonce la cruauté et la perversité de la mesure et de la confusion qui l'a précédée.

Nous sommes vraiment sidérés... Yahya Jammeh ne doit pas jouir de toute sa raison et il faut en tirer toutes les conséquences en Gambie, au niveau de la Cédéao et sur un plan international
L'indignation d'Alioune Tine
11-10-2013 - Par RFI


Pour Alioune Tine, la communauté internationale doit donc réagir sans tarder et sanctionner le régime gambien et son président. 

parce qu'il a fait preuve de beaucoup de mépris (à l'égard) de la demande de l'Union africaine de ne pas exécuter les personnes détenues. Nous estimons aujourd'hui que Yahya Jammeh doit être suspendu de participation de toutes les réunions de l'Union africaine, suspendu également de participation des réunions de la Cédéao...
Alioune Tine: «Yahya Jammeh ne mérite plus d'être à la tête de la Gambie»
11-10-2013 - Par RFI