L'ONU ne cède pas aux pressions du Maroc sur le Sahara occidental

L'émissaire spécial du secrétaire général de l'ONU, Christopher Ross.
© (Photo : AFP)

Ban Ki-moon dit «non» au roi du Maroc Mohammed VI. C’est ainsi que l’on pourrait résumer la décision des Nations unies: le secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-moon, n’a pas cédé à la demande du Maroc de changer de médiateur sur le dossier du Sahara occidental. Dans un entretien téléphonique avec le roi Mohamed VI, Ban Ki-moon a expliqué qu’il n’y aurait pas de changement d’équipe.

Les termes du communiqué de l’Onu sont très clairs: les Nations unies n’ont pas l'intention de modifier les termes de leur médiation. Voilà ce qu’a dit, entre autres choses, Ban Ki-moon au roi du Maroc par téléphone. Autrement dit, Christopher Ross continuera à arbitrer les négociations entre le royaume chérifien et le Front Polisario pour décider à qui appartient le Sahara occidental.

Christopher Ross persona non grata

La demande du Maroc que le médiateur soit changé, n’a donc pas été retenue. En mai dernier le royaume avait retiré sa confiance à l’envoyé spécial de l’Onu, l’accusant de partialité après que l’un de ses rapports ait demandé à Rabat d’améliorer la situation des droits de l'homme dans la partie du Sahara qu’il contrôle.

Au Maroc les déclarations de Ban Ki-moon ont fait la Une de presque tous les journaux lundi 27 août 2012. Mais sur un dossier aussi sensible que le Sahara, la presse a souvent choisi de tourner à l’avantage du Maroc ce qui en réalité ressemble fort à un camouflet diplomatique.

Le quotidien indépendant Le Soir, par exemple, a ainsi titré «Le roi du Maroc prend les devants», ne retenant que les parties de la conversation téléphonique dans lesquelles Ban Ki-moon a félicité le Maroc pour sa contribution au travail de l’Onu. Du côté des officiels c’est silence radio. Aucun porte-parole n’a réagi lundi à la décision de l’Onu.