Mali: constitution de milices au nord comme au sud


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Depuis le début de la crise malienne, des milices ont vu le jour dans le nord comme dans le sud du pays. Récemment, le chef d’une milice d’autodéfense basée dans la périphérie de Bamako, et qui voulait aller combattre les islamistes dans le nord, a été enlevé par des inconnus.

Avec notre correspondant à Bamako

Sur tout le territoire malien on compte aujourd’hui facilement, à côté des groupes armés, plus d’un millier de miliciens dans la région de Tombouctou, située dans le nord-ouest du Mali.

Il y a eu le Front national de libération de l’Azawad, une milice arabe devenue aujourd’hui le mouvement arabe de l’Azawad, MAA. C’est une milice qui se veut laïque et anti-islamiste, mais qui pour le moment, n’a pas de véritables moyens pour combattre ces islamistes qui contrôlent le nord du Mali.

Au nord-est, dans la région de Gao, on les appelle « les patrouilleurs ». Ce sont des jeunes, originaires de la ville. La nuit, munis d’armes blanches, ils jouent aux gardiens de la cité. Certains pensent même qu’ils sont des supplétifs de l’armée des islamistes, qui recrute, comme on le sait, beaucoup.

Un peu plus au sud, nous sommes dans la région de Mopti. C’est quasiment la ligne de front, à 600 kilomètres au nord de Bamako. Dans au moins deux camps, on retrouve des milices d’autodéfense, au vu et au su de tout le monde. Exercices physiques, séances de tirs, des jeunes, moyenne d’âge de seize ans, sont impatients. Ils veulent aller au front.

Aller au front, c’est également l’ambition de jeunes miliciens qui ont trouvé refuge à la périphérie de la ville de Bamako. Leur chef, Mahamadou Chouara, vient d’être enlevé par des personnes non encore formellement identifiées.