Madagascar : la double peine pour les zones franches

Le secteur textile toujours à la peine à Madagascar. Une nouvelle étude vient de mesurer l'impact de la crise sur les activités des entreprises de confection, dont la plupart sont en zone franche. Un tiers de ces entreprises ont stoppé leurs activités depuis 2008 et près de 40 000 emplois directs ont été supprimés. En cause, la crise économique mondiale, mais aujourd’hui c’est surtout la crise politique malgache qui pèse sur le secteur.
La plupart des entreprises franches qui ont survécu depuis 2008 restent en difficulté. Herinjatovo Ramiarison dirige l’Observatoire pour le développement des ressources humaines. Avec des chercheurs japonais, il a mené une étude sur le secteur. Il déclare :
« Dans notre échantillon, il y avait à peu près 33 % des entreprises qui ont été fermées, une baisse considérable de la production, et surtout des profits. On a enregistré une chute de 70% au niveau des entreprises exportatrices de vêtements ».
Avant 2008, le secteur était pourtant en pleine expansion grâce à une compétitivité soutenue. Puis la crise mondiale est arrivée, après en 2009, la prise de pouvoir de Rajoelina qualifiée de « coup d’Etat » par la communauté internationale, et les sanctions qui s’en sont suivies. Les Etats-Unis ont notamment suspendu l’AGOA, accord qui facilitait les exportations. Reste donc le marché européen.
« Mais en 2011, précise Herinjatovo Ramiarison, les entreprises malgaches qui exportaient vers l’Europe, ont pu enregistrer une hausse considérable de leurs exportations dont le niveau avait dépassé celui de 2008 ».
Pour l’ensemble du secteur, il faudra encore attendre pour retrouver les résultats d'il y a trois ans. Mais les économistes l’assurent : le potentiel est important et les zones franches malgaches connaîtront un nouveau boom quand la crise politique sera finie.

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