Burundi: Roger Lumbala, un «réfugié» bien embarrassant

Depuis lundi 3 septembre, le député d’opposition et ancien ministre de RDC, Roger Lumbala, s’est réfugié dans l’ambassade d’Afrique du Sud à Bujumbura. Il craignait d’être livré aux autorités de Kinshasa qui l’accusent de haute trahison. Les autorités congolaises soupçonnent ce politicien de complicité avec l’agression rwandaise à l’Est. Il a été vu récemment à Kigali avant d’être interpellé au Burundi.

Voilà une affaire qui embarrasse bien la diplomatie burundaise. Toute cette histoire a débuté lors de l'atterrissage Roger Lumbala au Burundi, en provenance de Kigali au Rwanda.

Roger Lumbala a été interpellé samedi 1er septembre, tout de suite après son arrivée à Bujumbura, puis il a été interrogé par les services secrets burundais qui l’ont assigné à domicile, avec ordre de se présenter lundi pour la suite de son interrogatoire.

L’opposant congolais aurait appris que Kinshasa avait envoyé un avion pour le rapatrier durant la nuit de dimanche. Il s’est alors réfugié à l’ambassade d’Afrique du Sud dans la matinée de lundi, en compagnie d’un franco-congolais qui lui servait d’agent de sécurité, selon un responsable des services secrets burundais. Des sources aéroportuaires ont confirmé l’arrivée d’un avion congolais durant le week-end. Il serait reparti sur Kinshasa mardi 4 septembre.

Kinshasa, qui soupçonne Roger Lumbala de « haute trahison » pour ses liens supposés avec la rébellion du M23 qui sévit dans l’est de la RDC, souhaite que le député d’opposition « puisse venir s’expliquer auprès de la justice de son pays ». Mais le gouvernement congolais « n’a pas encore demandé formellement son extradition », selon le ministère burundais des Relations extérieures.

L’ambassade de France a déjà obtenu que l’agent de sécurité puisse repartir vers la France dès ce vendredi 6 septembre. Quant à Roger Lumbala, son sort devra être scellé d’ici ce jour également.