Le chef d’Aqmi au Sahara meurt dans un accident de voiture


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C’est un coup dur pour al-Qaïda au Maghreb islamique. Nabil Abou Alqama, de son vrai nom Nabil Makhloufi, le chef de l'organisation terroriste pour la région du Sahara, est mort ce dimanche 9 septembre 2012 dans un accident de voiture survenu dans le nord du Mali, à environ 200 kilomètres de Gao, alors qu'il se rendait à un rassemblement des groupes islamistes de la région.

Pour sa postérité, il aurait sûrement souhaité mourir en martyr les armes à la main. Finalement c'est dans un banal accident de voiture que s'est tué Nabil Makhloufi, alias Nabil Abou Alqama.

La montée en puissance d'Aqmi sur fond de crise malienne lui avait plus que jamais conféré un rôle d'importance.
Anne Giudicelli, consultante pour le cabinet Terrorisk, spécialisé dans l'étude des risques politico-sécuritaires, notamment au Sahel
11-10-2013 - Par Cyril Bensimon

Selon nos informations, l'accident s'est produit entre les villes de Gossi et Gao alors que son véhicule revenait de Tombouctou. D’après une source très au fait des activités des jihadistes dans la région, le coordonnateur des activités d'Aqmi au Sahara se rendait à une rencontre réunissant tous les groupes islamistes de la zone.

Cet ancien militaire algérien, âgé d'à peine 35 ans, était passé par les maquis des GIA (Groupe islamique armé) puis du GSPC (Groupe salafiste pour la prédication et le combat) avant de rejoindre le nord du Mali.

Il y a moins d'un an, Abdelmalek Droukdel, l'émir d'al-Qaida au Maghreb islamique, l'avait nommé à la tête de la 9ème région, la zone saharienne, pour mettre un terme aux rivalités entre les différentes katibas (cellules combattantes). Des rivalités souvent générées par les rançons obtenues grâce aux otages occidentaux.

Depuis sa nomination, la donne dans la région a été totalement bouleversée. Le nord du Mali est désormais sous contrôle de groupes jihadistes locaux connus pour entretenir des liens avec Aqmi. Reste maintenant à savoir quel sera l'impact de la disparition de Nabil Abou Alqama sur son organisation, mais aussi pour les otages qu'elle détient.