Mali : retour en public du capitaine Sanogo comme défenseur des institutions de transition


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Le capitaine Sanogo, chef de file de l'ex-junte est apparu le 10 septembre à la télévision malienne. Cela faisait des semaines qu'il ne s'était pas exprimé publiquement. On le disait fragilisé face à une partie de ses troupes. Récemment beaucoup doutaient de sa volonté de respecter ses engagements, et d'accompagner la transition loyalement. Or dans sa déclaration, il s'est présenté en défenseur des institutions de transition et en particulier de Dioncounda Traoré le président par intérim.

C’est un capitaine Sanogo tendu et concentré qui s’est exprimé lundi à la télévision nationale malienne. Sans recours à des notes, le chef de l’ex-junte a cherché à donner l’image d’un militaire légaliste prêt à respecter les institutions de transition.

Citant à plusieurs reprises le président Dioncounda, il s’est déclaré en phase avec lui saluant la largesse d’esprit du président par intérim.

Je tiens à remercier le président par intérim pour la largesse d'esprit, la considération et le sens élevé du patriotisme qu'il a su mettre en amont pour amener un apaisement sur le plan social.
Le capitaine Sanogo
11-10-2013

S’exprimant sur la requête envoyée à la Cédéao autorisant les Africains à venir soutenir militairement le Mali dans le Nord, le capitaine Sanogo a cherché à rassurer. Les militaires africains viendront en renfort « lorsque l’armée malienne en sentira le besoin », a-t-il dit. Un capitaine Sanogo qui a surtout tenu à démontrer que le patron de l’ex-junte c’est toujours lui et qu’il peut compter sur ses troupes. « Notre armée est plus que jamais unie comme un seul homme, affirme-t-il. Ne donnons pas place aux rumeurs ».

Les rumeurs et les infos le donnaient bien fragilisé en fin de semaine dernière face à une partie de ses troupes. A Kati, de nombreux officiers et sous-officiers, opposés à la requête de Dioncounda Traoré n’excluaient pas un nouveau coup de force.

Hier soir, le capitaine Sanogo a tenté de persuader qu’il était le chef loyal et discipliné vis-à-vis des institutions. Un chef qui a pourtant fait l’impasse sur les évènements de Diabali : aucune allusion à l’assassinat de seize prêcheurs samedi soir près de Segou par des militaires maliens.