Mali : zones d'ombre sur la mort des prédicateurs mauritaniens à Diabali

Tiéman Coulibaly, ministre malien des Affaires étrangères, n'a toujours pas fait le déplacement à Nouakchott.
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La colère est toujours aussi grande en Mauritanie après la mort de plusieurs prédicateurs mauritaniens appartenant à la confrérie de la Dawa. Ces hommes ont été tués à Diabali au nord de Ségou dans la nuit de samedi à dimanche. Attendu à Nouakchott, le ministre malien des Affaires étrangères, Tiéman Coulibaly, n'y était pas encore arrivé lundi. En revanche, des militaires mauritaniens auraient pris hier soir la direction du Mali pour récupérer les corps des Mauritaniens tués. Les zones d'ombre persistent toujours autour de cette tuerie.

Selon des sources, ce ne serait pas seize personnes mais dix-sept qui faisaient partie du convoi de prédicateurs venus de Mauritanie. Seize ont été tuées à Diabali. La dix-septième aurait échappé à la tuerie et aurait depuis communiqué avec un de ses proches. Le véhicule transportant ces prédicateurs, majoritairement mauritaniens, aurait passé un, peut-être deux postes militaires sans difficulté.

C'est au moment du contrôle à Diabali que la situation a dégénéré. Que s'est-il passé exactement ? Comment des militaires maliens ont-ils pu tirer sur des prêcheurs islamistes sans armes ? A Bamako, les autorités maliennes n'ont fourni aucun élément pour éclairer les zones d'ombre autour de cette tuerie et aucun responsable politique malien ne s'est encore rendu sur place à Diabali.

A Nouakchott, qui qualifie cet acte de massacre barbare, une source gouvernementale a indiqué hier soir à RFI que les autorités mauritaniennes n'arrivaient pas à entrer en contact téléphonique avec les responsables de Bamako. La Mauritanie veut savoir où se trouvent les corps des seize Mauritaniens tués et réclament leur rapatriement.

Cette affaire suscite une tension perceptible entre les deux capitales. Le voyage du chef de la diplomatie malienne, Tiéman Coulibaly, prévu hier à Nouakchott n'a pas eu lieu.

Qui sont ces victimes?

Ces prédicateurs sont des pacifistes, parfois même perçus comme des « laïcs » par les jihadistes, et ils sont surtout présents en Mauritanie depuis le début des années 90. Mohamed Vall ould Oumeir, directeur de l'hebdomadaire mauritanien La Tribune, s'en explique sur RFI.

Le mouvement est né au Pakistan, très influencé par les soufistes, mais se suffit à enseigner les préceptes élémentaires de l'islam sans aller trop loin. Ces prédicateurs sont contre tout ce qui peut diviser la nation islamique.
Mohamed Vall ould Oumeir
11-10-2013 - Par Nathalie Amar