Mali: les divisions entre mouvements persistent dans le Nord


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Au nord du Mali, plus de 1000 personnes (chefs de tribus, oulémas, religieux, représentants de la société civile) se sont réunies pendant deux jours dans la localité d'Anafif, à 70 km de Kidal. Pour le MNLA, très présent dans les discussions, l'objectif était de rappeler les grands principes du mouvement : indépendance de l'Azawad, rejet des groupes Aqmi et Mujao. Mais malgré la mise en place d'une feuille de route, le mouvement sort divisé des ces rencontres.

Au coeur des divisions : Iyad Ag Ghali, le chef d'Ansar Dine. Au sein du MNLA, certains pontes sont favorables au dialogue avec ce chef islamiste natif de Kidal. « Il y a des conditions pour ouvrir des discussions », explique un proche de Bilal Ag Chérif, le numéro 1 du Mouvement : « Iyad doit prendre ses distances avec Aqmi et le dire officiellement ».

Mais au sein du bureau politique du MNLA d'autres personnalités sont fermement opposées à cette idée : « Iyad c'est terminé », estime un des pontes : « Il est hors de question de parler de rapprochement avec Ansar Dine ». Et ces tensions font le jeu d'Iyag Ag Ghali.

Avec ces hommes, le leader qui veut coûte que coûte instaurer la charia, est venu faire une démonstration de force à Anafif. « Ils sont restés à l'écart, ont refusé de discuter avec nous », raconte un participant « mais ils sont venus nous provoquer avec leurs armes et leur matériel militaire ».

Un des cadres d'Ansar Dine jubile du conflit au sein du MNLA : « Ce mouvement, c'est comme un lézard, si tu l'approches, il siffle pour te faire peur mais il n'a aucune force. Le MNLA n'a plus que sa bouche ».

Cette situation, ce statu quo entre les deux groupes inquiète nombre d'habitants de la zone : « Le MNLA fait de la récupération politique, il fait comme s'il dirigeait le Nord et Ansar Dine impose sa force »,  décrypte un ancien de Kidal qui conclut : « Tout est bloqué et pendant ce temps, nous nous souffrons ».