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Sénégal

Sénégal: le Sénat refuse de s'autodissoudre


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Au Sénégal, le Sénat a voté, vendredi 14 septembre 2012, contre sa propre suppression. Le projet de modification constitutionnelle voulu par le président Macky Sall avait été adopté deux jours auparavant par l’assemblée nationale qui va donc devoir se prononcer de nouveau avant que le projet ne soit soumis au congrès. Le Sénat, vilipendé pour être «une institution inutile et budgétivore», est composé essentiellement des partisans de l’ancien président Abdoulaye Wade.

Etait-ce la dernière séance pour le sénat ? Appelés à prononcer leur propre oraison funèbre, les sénateurs ont en tout cas dit «non». Les uns après les autres, ils ont défendu leur institution comme Marie-José Var : « J’ai été député, aujourd’hui je suis sénateur et je suis fière d’être sénateur. Personne n’est plus citoyen que moi. Personne n’a plus d’éthique que moi ! j’aurais compris que l’on suspende pour réfléchir, pour améliorer. Mais que l’on supprime, je ne suis pas d’accord !»

Quelques voix discordantes

En cinq ans, de l’aveu même du président de l’institution, c’est bien la première fois que le sénat rejette un texte adopté par l’assemblée nationale. Quatre-quatre voix se sont prononcées contre. Mais 28 sénateurs ont cependant voté pour la suppression de leur institution, au nom de la cohésion nationale comme Safiatou Ndiaye. « Je continue à penser que ce Sénat est utile. Personnellement, dans la mesure où les populations sénégalaise rejettent ce sénat, dans la mesure où mon ambition a toujours été de servir –avant mon parti- mon peuple, je voterai pour la suppression de ce sénat», explique la sénatrice à RFI.

A la sortie, la ministre de la Justice Aminata Touré veut rester optimiste : « la prochaine étape, c’est la réunion de l’Assemblée nationale et du Sénat en même temps, ce que l’on appelle le congrès. Et pour que le projet passe, il faudra une majorité des 3/5èmes et je pense qu’on est optimistes. J’ai vu la nature des débats aujourd’hui et le sénat est quand même partagé. C’est ça la démocratie et ça n’est pas toujours simple !»

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