Loïk Le Floch-Prigent inculpé pour complicité d'escroquerie au Togo

Loïk Le Floch-Prigent, le 4 novembre 2002.
© AFP/ Jack Guez

L'ancien patron du géant pétrolier français Elf avait été arrêté la semaine dernière en Côte d'Ivoire où il venait présenter son dernier livre. Loïk Le Floch-Prigent a été arrêté puis transféré au Togo où il était recherché pour une affaire d'escroquerie. La victime serait un riche homme d'affaires émirien. L'escroquerie s'élève à 48 millions de dollars.

L'ex-PDG de la société Elf a été inculpé après plusieurs heures d'audition par le juge. Cette audition devrait se poursuivre ce mardi 18 septembre. La justice le soupçonne d'être impliqué dans une affaire d'escroquerie internationale, qui porte sur 48 millions de dollars. La victime est un riche Emirien.

C'est un homme d'affaires togolais qui aurait imaginé le piège avec plusieurs complices. Parmi eux, selon la justice togolaise, il y aurait donc Loïk Le Floch-Prigent, un homme d'affaires togolais et un ancien ministre, Pascal Bodjona, qui a lui été inculpé la semaine dernière. « Loïk Le Floch-Prigent n'a rien à cacher », dit son avocat togolais qui compte demander une mise en liberté provisoire.

En attendant, l'ancien patron de Elf est à la gendarmerie nationale de Lomé, où il est en garde à vue depuis son arrivée au Togo samedi 15 septembre. On sait qu'il est logé dans une pièce VIP, c'est-à-dire plus confortable que les cellules où dorment la plupart des détenus. Il s'agit d'une pièce climatisée, avec des fauteuils et un matelas pour dormir. « Il est bien traité », confiait son avocat ce week-end tout en se disant inquiet pour sa santé. Loïk Le Floch-Prigent est âgé de 69 ans.

Des accusations d'escroqueries mutuelles depuis 2008

Après l'affaire Elf, Loïk Le Floch-Prigent était devenu un consultant international, il tentait depuis plusieurs années d'utiliser son carnet d'adresses africain pour continuer à faire des affaires dans le pétrole. C'est à ce titre qu'il rencontre l'homme qui l'accuse depuis 2008 d'escroquerie, l'Emirien Abbas Youssef.

Depuis ses déboires judiciaires dans le cadre de l'affaire Elf, l'ex-grand patron français s'est reconverti dans la consultance internationale. Dès 1997, il met son carnet d'adresses au service d'investisseurs intéressés par le pétrole africain. Son principal client de l'époque est le Congolais Denis Sassou Nguesso avec qui Le Floch-Prigent a travaillé alors qu'il dirigeait Elf Aquitaine.

En 2006, alors qu'il est associé à l'émirati Abbas Youssef, il obtient pour le compte de la société de ce dernier, Pilatus Energy, un permis d'exploration de la cuvette du fleuve Congo. Abbas Youssef ne tient pas ses promesses et l'exploration de ce bassin prometteur traîne en longueur. En 2008, alors que les deux hommes sont brouillés dans l'affaire de l'escroquerie togolaise, Loïk Le Floch-Prigent crée une société homonyme de celle d'Abbas Youssef, Pilatus Group. L'Emirien soupçonne alors le Français de vouloir récuper son permis d'exploration. Entre les deux hommes la méfiance est à son comble. Les accusations d'escroquerie vont bon train sur fond de mésentente pétrolière.

Les deux hommes se sont revus à Paris il y a quelques mois pour tenter de régler leurs différends. Manifestement sans y parvenir totalement. Ce qui est certain c'est que Le Floch-Prigent n'est plus depuis longtemps un consultant recherché en Afrique. Son cercle de présidents amis s'est considérablement restreint et ses activités sont au point mort.

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