Mali: le mouvement islamiste Ansar Dine fait amputer un présumé voleur à Tombouctou


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Les islamistes armés du mouvement Ansar Dine, qui contrôlent la ville malienne de Tombouctou, ont fait couper la main d'un homme soupçonné de vol, dimanche 16 septembre 2012 dans l'après-midi. C'est la première fois que cette sentence est appliquée à Tombouctou où les habitants ont été appelés à assister au supplice.

Ecoutez le récit du témoin joint par RFI à Tombouctou
11-10-2013 - Par Guillaume Thibault

Les événements se sont précipités en fin d'après midi. Les hommes d'Ansar Dine ont quadrillé la zone du bassin de retenue d'eau. Une ambulance est venue de l'hôpital. Dès son arrivée, le jeune homme, accusé de vol par les islamistes a eu la main coupée.

Un témoin raconte la scène : « Les gens d’Ansar Dine l’ont attaché sur une chaise et lui ont coupé la main droite… Et le garçon a crié, crié, crié !... ». Selon des témoins, environ deux cents personnes ont assisté au supplice du jeune homme, Dédéou Touré, âgé d'une trentaine d'années. « Nous ne sommes pas contents de ce qui s’est passé aujourd’hui. On ne comprend rien à cette charia là. Vraiment, la population souffre. On lance un appel au gouvernement malien pour qu’il agisse vite à Tombouctou. Vraiment ça ne va pas », poursuit le témoin interrogé par RFI.

C'est la première fois qu'Ansar Dine applique une telle sanction. Le porte-parole du groupe à Tombouctou, Sanda Ould Boumana, affirme qu'Iyad Ag Ghali, le grand chef malien de ce mouvement basé à Kidal, a donné son accord et que cette sanction est tout à fait légitime.

« Ce sont des juges d’Ansar Dine qui ont fait ça. C’est la première fois que l’on coupe la main de quelqu’un à Tombouctou. Il s’agit d’un voleur. Il a volé dans une maison... Il a volé, on lui a coupé la main, c’est tout.»

Après les destructions des mausolées, cette nouvelle montée de violence, cette application radicale de la charia indique clairement que le groupe Ansar Dine fait régner sa loi mais aussi la terreur à Tombouctou.

J'ai condamné très fermement l'application stricte de ces règles de la charia. Dans n'importe quelles circonstances, les droits de l'homme et la dignité humaine doivent être protégés.
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11-10-2013 - Par RFI