République Centrafricaine: les dissidents de la CPJP revendiquent les attaques de Damara et Sibut


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Une faction dissidente de la CPJP a revendiqué les attaques du samedi 16 septembre sur les localités de Sibut et Damara, au nord de Bangui. La CPJP (Convention des patriotes pour la justice) qui était la dernière grande rébellion active dans le pays, a intégré les accords de paix de Libreville le mois dernier. Mais cette faction dissidente, qui se fait appeler « CPJP fondamentale », affirme qu'elle ne souscrit pas aux accords signés. Toutefois, selon nos informations, ces attaques auraient surtout été menées par des « Libérateurs » qui ont porté le président Bozizé au pouvoir en 2003 et ont récemment déserté.

Si ces dissidents de la CPJP revendiquent les attaques en invoquant des motifs politiques, ils reconnaissent ce que soulignent des sources bien informées, à savoir que les attaques de samedi dans ces localités au nord de Bangui sont surtout le fait de « Libérateurs » qui ont récemment déserté, comme l'explique le colonel Ha, porte-parole de la CPJP fondamentale.

« Ce sont les ex-libérateurs qui ont amené Monsieur Bozizé au pouvoir. Et Bozizé a promis de verser 15 millions à chacun. Maintenant, ils revendiquent les 15 millions (…). Mais ils sont au nombre de 60 de la garde du président Bozizé. Ils sont tous avec des bérets verts. Et ce sont eux, en ce moment, qui commandent le terrain ».

Des hommes dont les moyens semblent pour l'instant réduits. Selon les témoins, ils sont arrivés à pied à Damara, et pour rejoindre Sibut, plus au nord, ils se sont emparés entre autres de l'unique ambulance de la ville. « L’unique ambulance de la ville, nous l’avons emportée, effectivement, confirme le colonel Ha qui ajoute : Nous avons des véhicules, mais qui ne sont pas prêts ».

« Cette rébellion est purement tchadienne… »

De sources militaires, et selon des témoins, ces hommes armés ont pillé une petite société bancaire, saccagé une gendarmerie et une station service, entre autres, dans ces deux localités. Josué Binoua, ministre de l’Administration du territoire, signale aussi la mort d'un auxiliaire de la gendarmerie à Damara et déplore ces attaques.

« La situation est maîtrisée, mais ce sont des situations qui nous tirent vers le bas à un moment où nous voulons dialoguer avec l’opposition démocratique pour porter le développement du pays ».

L’armée centrafricaine avait repris, dimanche 16 septembre, le contrôle des villes de Sibut et Damara. Mais la direction de la CPJP qui a signé la paix avec le gouvernement centrafricain, nie toute implication et affirme que cette dissidence n'existe pas, comme l’exprime Abdoulaye Hissène, le commandant de la CPJP.

« Il n’y a pas un seul élément de la CPJP parmi eux. Il n’y a pas un seul responsable de la CPJP parmi eux ! Je dis non et non à ça ! La CPJP a dit oui à la paix, on va vers la paix ! Je ne vais pas attaquer ! (…). Cette rébellion pour moi est purement tchadienne ! Il n’y a pas un seul Centrafricain parmi eux ! Il ne faut pas que les gens mentent ! Il ne faut pas que les gens disent n’importe quoi ! Il ne faut pas que les gens mélangent les choses ! C’est purement et simplement tchadien. La CPJP dit non à ceux-là. La CPJP est prête à les combattre ! », a-t-il affirmé.

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