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Erythrée France médias

«Radio Erena est l'unique station indépendante qui émet en Erythrée, il est normal qu’ils n’aiment pas ça»

media

Le journaliste érythréen Biniam Simon est le co-fondateur et le directeur d’une radio émettant depuis Paris, par satellite, en direction de l’Erythrée, l’un des pays les plus fermés au monde. Or, depuis quelques semaines, le signal de Radio Erena (« Notre Erythrée »), sur le bouquet Arabsat, est brouillé par les autorités d’Asmara, rendant impossible l’écoute de cette unique source d’information indépendante par les Erythréens. Biniam Simon évoque, au micro de RFI, l’impunité dont bénéficie Asmara dans ce bras de fer.

Biniam Simon, vous êtes le rédacteur en chef de Radio Erena, une radio libre qui diffuse depuis Paris des programmes vers l’Erythrée et sa région, à destination des Erythréens de l’intérieur et de la diaspora. Cette radio a un certain nombre de problèmes, puisque le signal est brouillé. On sait avec certitude que ce brouillage provient des autorités érythréennes. Avez-vous des retours au sujet de ce brouillage ? Les auditeurs vous envoient-ils des messages pour vous demander ce qui se passe ?

Oui, beaucoup... La première fois que nous avons réalisé que le signal était brouillé, c'est justement parce que nos auditeurs nous ont appelés. On ne peut pas suivre ce qui se passe techniquement du côté d'Arabsat, le satellite de transmission qu'on utilise. Alors ce sont à chaque fois nos auditeurs qui nous préviennent si le signal est brouillé ou si tout va bien.

Mais pourquoi les autorités érythréennes brouillent-elles votre signal ? En quoi est-ce gênant aujourd’hui ?

C'est très simple... Depuis l'instauration de la dictature en Erythrée, il n'y a plus de liberté de la presse. Donc pas de liberté pour les médias à l'intérieur du pays. Et Radio Erena, c'est l'unique radio indépendante qui émet en Erythrée : il est normal qu’ils n’aiment pas ça. Même si nous ne diffusons pas de messages agressifs, que c'est du pur journalisme. Mais même ça, ils ne peuvent pas l'accepter.

L'Erythrée est classé parmi les pires pays au monde pour la liberté d'expression, même après la Corée du Nord. Vous, vous avez choisi de quitter votre pays alors que vous étiez l’un des présentateurs vedettes de la télévision nationale Eri-TV, pourquoi?

En 2001, il y a donc déjà 11 ans, ils s'en sont pris à tous les médias. Pas seulement les médias privés, les médias gouvernementaux aussi. Des journalistes du secteur public ont aussi été jetés en prison. Cela a été un tournant pour tous les journalistes dans le pays. Quand j'ai décidé de fuir l'Erythrée, la situation avait encore empiré. Et pourtant, lorsque j'en discute avec des gens qui viennent de quitter le pays, ils disent que c'était encore le bon temps quand je suis parti. C'était pourtant impossible de travailler à ce moment-là au ministère. Il y avait beaucoup de soupçons. Tout le monde surveillait tout le monde. Vous ne pouviez vous fier à personne. Vous ne pouviez pas dire ce que vous vouliez. C'était impossible de travailler.

Qu’est-ce qui vous a donné l’idée de créer cette radio ? Pourquoi est-ce important pour vous de donner des informations équilibrées en Erythrée ?

C'est facile d'y penser. Il n'y a plus de médias libres, ni d'informations indépendantes dans le pays. L'intérêt de créer cette radio, une fois en France, s'est imposé à moi. Le problème, c'était de trouver les moyens de le faire. On a décidé d'utiliser le même satellite que les chaînes gouvernementales. Mais on a sous-estimé leur stupidité. On ne pensait pas qu'ils iraient jusqu'à brouiller leurs propres fréquences. On a vraiment décidé dès le départ de faire des programmes d'information qui respectent l'équilibre de l'information et qui couvrent tous les aspects de la vie, la politique, les droits de l'homme, le sport, l'économie, la culture et même des programmes de divertissement.

Comment faites-vous pour obtenir des informations vérifiées, confirmées, puisqu’il n’existe pas de liberté d’expression, ce doit être très difficile ?

D'abord nous avons des correspondants à l'intérieur du pays. Mais leur travail principal, ce n'est pas de trouver des informations, mais de les confirmer pour nous, parce que c'est trop difficile et ça ferait peser trop de soupçons sur eux s'ils commençaient à poser trop de questions. Donc, on reçoit des messages de gens en Erythrée et on demande à nos correspondants de les vérifier.

Mais ce n'est pas seulement la collecte et la vérification de l'information qui sont dangereux. Ecouter notre radio n'est pas si facile à l'intérieur. Vous devez faire ça en cachette, mettre le volume très bas, s'assurer que les voisins ne puissent pas entendre ce que vous écoutez. Certains de nos auditeurs ont même fini en prison. Mais ce que nous faisons est important, les gens en sont conscients, nos correspondants aussi. Ils voient l'influence qu'a la radio. Donc oui, ils prennent des risques et c'est comme ça que ça fonctionne.

Si le gouvernement parvient à brouiller définitivement votre signal, est-ce que cela signe la fin de Radio Erena ?

Nous sommes en train de chercher d'autres solutions, à savoir si on peut émettre notamment en ondes courtes. Il y a aussi un autre satellite qu'on pourrait utiliser. Mais je ne suis pas sûr que ce soit la solution. Il faut que les autorités respectent la liberté d'expression. Ce n'est pas possible qu'elles puissent faire tout ce qu'elles veulent. Brouiller non seulement notre fréquence, mais d'autres sur le même satellite, c'est une idée folle ! Elles vont continuer de le faire, je le sais, mais il faudrait les arrêter.

Cela veut-il dire que vous vous attendez à ce qu’il y ait des pressions de gouvernements étrangers ?

Vous savez, ce n'est pas une radio qui a été créée contre le gouvernement. C'est justement une radio qui fournit des informations aux Erythréens, et c'est tout. Nous ne faisons pas de provocation. Nous n'insinuons rien. C'est du pur journalisme. Donc il faut que ce soit respecté. Il faut vraiment qu'il y ait des pressions et rapidement.

Pensez-vous qu’un changement est possible en Erythrée et d’où est-ce qu’il pourrait provenir ?

Oui, j'aimerais garder cette possibilité en tête, car tout est possible. Je ne sais pas quand, je ne sais pas comment. Mais un changement, c'est ce dont nous avons besoin. Tôt ou tard, et ça viendra de l'intérieur. Alors oui, je veux continuer de l'envisager et espérer que ça arrivera bientôt.

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