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Article publié le : mercredi 26 septembre 2012 à 00:12 - Dernière modification le : mercredi 26 septembre 2012 à 17:46

Sénégal: il y a dix ans, le naufrage du «Joola»

Une femme rend hommage aux victimes du naufrage du «Joola» dans le cimetière qui leur est consacré à Dakar, le 26 septembre 2009.
Une femme rend hommage aux victimes du naufrage du «Joola» dans le cimetière qui leur est consacré à Dakar, le 26 septembre 2009.
AFP

Par Ursula Soares

Le 26 septembre 2002, le ferry sénégalais Joola qui reliait Dakar à Ziguinchor, en Casamance, au sud-ouest du Sénégal, sombrait au large de la Gambie. Officiellement, la tragédie a fait au moins 1 863 morts et disparus, plus de 2 000 morts selon les associations des familles des victimes, et 64 rescapés. Dix ans après, les familles réclament toujours un procès des responsables, le renflouement de l’épave et l’édification d’un mémorial.

Année après année, les familles demandent la réouverture du dossier judiciaire au Sénégal. Dès 2003, la justice l’avait classé, concluant à la seule responsabilité du commandant de bord, disparu dans le naufrage. Depuis l’élection de Macky Sall à la présidence, en mars dernier, certains responsables d’associations sénégalaises se mettent à espérer en voulant croire que le nouveau pouvoir « remettra sur la table » tout le dossier Joola.

Les familles en attente de justice

Cela fait dix ans que les familles se battent pour trouver réponse à leurs questions. Quelles sont les causes véritables du naufrage alors que le navire sortait des ateliers, après un an d’immobilisation pour réfection ? Pourquoi transportait-il près de 2 000 passagers, ce qui représente quatre fois plus que sa capacité ? Pourquoi les secours ont-ils mis dix huit heures avant d’arriver quand tant de vies auraient pu être sauvées ? Jusqu’où remonte la chaîne de responsabilités ? Et que faut-il faire pour qu'à l'avenir pareille catastrophe ne se reproduise plus ?

Suite au classement du dossier par la justice sénégalaise, ce sont les familles des 22 victimes françaises qui ont porté plainte, en France. Une information judiciaire a été ouverte pour homicides involontaires et défaut d’assistance à personnes en danger. En 2008, neuf hauts responsables sénégalais de l'époque, civils et militaires, ont été visés par des mandats d'arrêt internationaux. Le régime d’Abdoulaye Wade avait alors menacé la France de représailles judicaires. En 2009, la Cour d'appel de Paris a annulé deux mandats d'arrêt pour cause d’immunité mais la procédure continue. La Cour de cassation doit se prononcer sur un éventuel procès en novembre prochain.

Diminuer le traumatisme et faire le deuil

Le renflouement de l’épave, localisée dans les eaux gambiennes, selon le Collectif des familles, avait été promis par les autorités, sous le régime d’Abdoulaye Wade. Cependant, l’opération n’a jamais été lancée.

Dix ans après, le traumatisme est toujours là et les familles des victimes ne peuvent toujours pas faire leur deuil. Elles n’ont de cesse de réclamer le renflouement du navire afin d’offrir une sépulture digne à leurs proches disparus.

Bineta Diagne s’est rendue pour RFI en Casamance d’où étaient originaires la majorité des victimes. Dans un quartier populaire de Ziguinchor, elle a recueilli le témoignage de Marie-Hélène Mendy, veuve, au chômage et élevant seule ses deux enfants. Elle a reçu les indemnisations proposées par l’Etat sénégalais – 10 millions de francs CFA (15 244 euros) par famille – mais elle réclame surtout, comme tant d’autres familles, du nouveau gouvernement sénégalais, le renflouement de l’épave.

Marie-Hélène Mendy

A perdu son mari dans le naufrage du « Joola ».

Tant qu’il n’y aura pas de renflouement, le deuil ne sera jamais fait.

 

25/09/2012 par Bineta Diagne

Ce terrible naufrage – la plus grande catastrophe de la marine civile jamais enregistrée – a également laissé plusieurs centaines d’orphelins. Peut-être 2 000, selon le Collectif des familles. Carine Frenk est allée à leur rencontre, à Dakar. Dix ans après, c’est toujours une déchirure.

Marie Joséphine est aujourd’hui une jeune femme de 27 ans et vit avec ses quatre frères et sœurs à Keur Massar, en banlieue de Dakar. Elle avait déjà perdu sa mère quand le naufrage du Joola lui a volé son père.

Marie Joséphine

A perdu son père dans le naufrage du « Joola »

Le pire, pour moi, c’est que je ne lui ai pas dit au revoir.

 

25/09/2012 par Carine Frenk

Joachim Mendy a, lui aussi, perdu son père dans le naufrage. Il avait 12 ans au moment du drame.

Joachim Mendy

A perdu son père dans le naufrage.

C’est vraiment en ce moment que je commence à vivre le naufrage du ' Joola '.

 

25/09/2012 par Carine Frenk

Les familles demandent enfin un mémorial à destination des générations futures. Le chantier d’un « mémorial » Joola avait été lancé, début 2002, mais les travaux sont aujourd’hui arrêtés.

tags: Abdoulaye Wade - Sénégal
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(6) Réactions

Juste la justice...

Président Sall, rendez leur justice en rouvrant le dossier. Et qu'au moins le monument à Zinguinchor soit régulièrement entretenu !

Naufrage du joola

Quelle tristesse! voila 10 ans que les familles des victimes attendent que justice soit faite. Dix ans de douleurs, d´impatience, ... que c´est long. Il faut impérativement que les responsables soient jugés, que le renflouement de l´épave soit effectif et enfin que l´édification d´un mémorial soit une réalité pour permettre les familles des victimes de faire enfin leur deuil.

qu'a ton appris du joola ? le Responsable , un etat et un peuple

10 ANS DEJA , ENCORE 10 ANS D'URGENCE !!!! TOUJOUR LE MEME TYPE DE SENEGALAIS !!!! QU'A T-ON APPRIS DU JOOLA ?

Voila 10 ans déja que nous pleurons nos morts de ce Bateau " JOOLA" 10 ans que des familles pleurent encore et réclament justice!!!!! Pour autant les sénégalais n'ont rien tiré de ce tragédie , les surcharges ont repris ( Bus Tata, car rapid,bus Dem Dikk train...) sans parler du je m'en
"foutisme" des sénégalais qui ne respecte pas ni mesure de sécurité ni rien l'exemple des casques des motos ou des ceintures de sécurités ou même l'interdiction des portables au volant RIEN !!! bien sur avec l'aide de nos autorités incapable de faire respecter leurs propres mesures.
-les politiques de sensibilisation ne marche pas.
-Le programme de NTS a dû mal à ce mettre sur pied à cause d'un type de sénégalais toujours inconscient et peu soucieux de l'ordre ou du civisme et pourtant trés Toubab dans leur langage et à la maison.
Mais comme toujours, le sénégalais est fort quand il s'agit des réaction à chaud mais il sera toujours suivi de polémique et de commérage à la fin c'est d'autre qui s'inspire de nos pensées et les réussir chez eux. Sénégalais bon pour parler !!!!

Une prise de conscience est plus que nécessaire afin de revoir les comportements et que chacun dans sa tête tient compte de l’intérêt commun.

Apprenons du JOOLA pour un changement de comportement!!!!

comme disait Ghandi " soit le changement que tu veux dans le monde"

Le plus granf genocide!

La communauté internationale est face à sa responsabilité, Jamais dans le monde il n'y a eu une telle catastrophe maritimes. Pourtant tout le monde sait que cela relevé de la négligence des autorités sénégalaise et aujourd'hui l'ex-gouvernement de WAde a tout fait pour qu'il n'y ai aucun procé' Plus de 2000 morts sans justice, sans situer de facon indépendante les responsabilités. Pourquoi donc juger et condamner des hommes et des femmes pour des crimes économiques, des génocides de quelque dizaines de personnes, ici il s'agit de 2000 morts, ou donc la communauté international qui crie au et fort "défendre les droits humains" dans le monde ?

Merci

leçon pour l'avenir

le renflouement du bateau ne rendra pas les corps; quant aux raisons du naufrage elles ont un seul nom = l'incurie à l'africaine. De ce malheur la leçon a, semble t-il, été retenue dans la gestion des 2 bateaux qui ont pris la relève: le Willis et maintenant l'Aline Sitoe Diatta. Je le prends 1 fois par an et il n'y a rien à dire: entretien, absence de surcharge, surveillance. Il faut que cela dure ainsi.

A defaut de justice au

A defaut de justice au Senegal, les Senegalais sont obliges de reporter leurs espoirs sur le travail que fera la justice Francaise. Triste constat mais c'est la realite.

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