Julius Malema officiellement inculpé de blanchiment d’argent


©

Julius Malema a été officiellement inculpé de blanchiment d’argent, hier, mercredi 26 septembre, en Afrique du Sud. L’ex-président de la branche jeunesse du Congrès national africain (l’ANC), expulsé du parti au pouvoir il y a six mois, comparaissait devant un tribunal de Polokwane, capitale de la province du Limpopo dans le nord du pays. Julius Malema a été laissé libre moyennant une caution de 10 000 rands, soit environ 1 000 euros. L’audience a été ajournée au 30 novembre. En sortant du tribunal, Julius Malema s’est adressé à un petit millier de ses partisans, leur expliquant qu’il n’avait pas peur, qu’il n’avait rien à se reprocher, et que les poursuites contre lui étaient politiques, orchestrées par le président sud-africain Jacob Zuma.

Julius Malema balaie d’un revers de la main les accusations portées contre lui. Perché sur un bakkie, ces camionnettes très courantes en Afrique du Sud, encadré d’hommes vêtus comme lui d’un costume sombre et d’une cravate rouge, il s’adresse à la foule. Un seul chef d’inculpation, une caution peu élevée : des signes selon lui que la justice sud-africaine n’a rien à lui reprocher, et que ces accusations sont avant tout politiques : « Ils essaient d’avoir quelque chose contre moi, lance Malema à la cantonade. C’est Jacob Zuma qui les envoie parce que Jacob Zuma ne sait rien. Jacob Zuma est un ignorant ».

Longtemps proches, le président sud-africain et Julius Malema sont aujourd’hui des adversaires déclarés. Et parce qu’il soupçonne Jacob Zuma de vouloir se débarrasser de lui, Julius Malema appelle ses partisans à agir : « Vous devez faire en sorte que Jacob Zuma ne devienne pas président de l’ANC lors de la conférence du parti à Bloemfontein. Le jour suivant, on lui fera quitter la présidence du pays, et le jour d’après, on le poursuivra pour corruption ».

Dans deux mois et demi, la conférence de l’ANC doit désigner son candidat pour la prochaine élection présidentielle. Et Julius Malema a déjà choisi son camp.