Mali : l'ONU reste prudente sur l'envoi d'une force africaine dans le Nord

Le Premier ministre malien, Cheick Modibo Diarra, à la tribune de l'ONU, le 26 septembre 2012.
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Lors d'une réunion consacrée à la crise sahélienne, à New York, le 26 septembre, le Premier ministre malien Cheick Modibo Diarra a répété que Bamako souhaitait le feu vert de l'ONU à l'envoi de troupes ouest-africaines pour participer à la reconquête du nord du Mali. Cette demande pressante a été relayée par plusieurs responsables africains, et par le président français. Mais d'autres se sont montrés plus prudents, comme le secrétaire général des Nations unies. Ban Ki-moon s'inquiète notamment des conséquences humanitaires.

A la tribune de l'Assemblée générale de l'ONU, le Premier ministre demande qu'une force internationale vienne en soutien de l'armée malienne dans la reconquête du Nord.

La présence de groupes terroristes de différentes nationalités au Mali et dans le Sahel est une situation qui doit mobiliser toute la communauté internationale pour une action concertée, rapide et efficace.

Cheick Modibo Diarra
27-09-2012 - Par Karim Lebhour

Cette demande est relayée par le président français. « La communauté internationale doit prendre ses responsabilités pour le Mali et le Sahel. Ce moment est venu », a précisé François Hollande.

Le chef de l'Etat français qui, sans fermer la porte aux négociations, estime que toute perte de temps serait une complication supplémentaire. La priorité est donc, selon lui, le retour à l'intégrité territoriale. Une analyse partagée par plusieurs responsables africains qui, à l'instar du président sénégalais Maky Sall,demandent une action militaire rapide pour stopper la menace terroriste.

Plusieurs délégations refusent cependant toute précipitation : les objectifs d'une telle

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intervention doivent être clairement définis.

Du côté de Washington, on se dit soucieux d'un retour préalable à l'ordre institutionnel au Mali. Selon la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton « seul un gouvernement démocratiquement élu aura la légitimité pour parvenir à une résolution négociée au Nord ».

Une prudence partagée par le secrétaire général des Nations unies, Ban-Ki-moon, qui avertit que « toute solution militaire pourrait avoir de graves conséquences humanitaires ».

Une demande pressante

Avec notre correspondant à New York, Karim Lebhour

Après des mois d’hésitations, ce mini-sommet sur le Sahel a permis d’accélérer la perspective d’une intervention militaire au Mali et la prise de conscience du risque terroriste dans une région qualifiée par la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton de « poudrière ».

Un Sahel trop longtemps négligé regrette le ministre des Affaires étrangères du Maroc Saaddine El-Othmani : « Il y a une certaine négligence. L’importance donnée n’est pas au niveau des défis de la région essentiellement les défis sécuritaires et les défis de développement. Et le trafic de drogue, le trafic d’armes. Il y a des défis importants qui dépassent les moyens des pays de la région et des pays concernés ».

Le Premier ministre malien Cheick Modibo Diarra a appelé le Conseil de sécurité à autoriser rapidement cette intervention militaire. Mais si le principe est désormais acquis, la mise en place de cette force est encore floue. La Cédéao, la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest, mise sur au moins 3.000 hommes, sans pouvoir dire où trouver ces soldats.

A l’ONU, les diplomates chargés des opérations militaires estiment que le déploiement de troupes au Mali prendra au mieux plusieurs mois.

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