Somalie : l'armée kényane délivre Kismayo des islamistes shebabs

L'armée kényane a annoncé avoir lancé un assaut la nuit dernière contre le dernier bastion des insurgés islamistes en Somalie.
© REUTERS/Feisal Omar

Débarqués par voie maritime très tôt le 28 septembre au matin, les forces kényanes et leurs alliés ont avancé toute la journée de vendredi en direction de Kismayo, qui était jusqu'alors le dernier bastion des shebabs somaliens. Désormais, le port est passé sous le contrôle des forces armées régulières. Les shebabs parlent de simple repli tactique et menace de contre-attaquer.

« Nous appelons les combattants qui restent à Kismayo à rendre leurs armes. » Publié en fin de matinée vendredi 28 septembre, un communiqué du commandant de l'Amisom, la force de l’Union africaine en Somalie, confirmait l’approche des troupes kényanes vers la ville de Kismayo. Samedi matin, le port semble avoir été déserté par les islamistes shebabs qui en avaient fait leur principale base.

Pas de résistance majeure

En fin d’après-midi vendredi, les troupes kényanes et leurs alliés somaliens étaient toujours aux alentours de la ville, et n'avaient pas encore avancé dans le centre. Des centaines de combattants shebabs étaient encore à Kismayo et ne pouvaient en sortir puisqu’au moins les routes de l’Ouest et du Nord sont bloquées. Selon certaines sources, ils avaient installé de nombreux tireurs embusqués dans les immeubles, signe qu’ils se préparaient sans doute à des affrontements.

Parallèlement, les troupes kényanes et la milice Ras Kamboni avancaient vers le front ouest.

Le porte-parole de l’armée kényane, Cyrus Oguna, a répété toute la journée que l’avancée se faisait sans résistance majeure. Néanmoins, il semble que les insurgés se soient organisés dans le centre-ville pour une résistance.

Par voie maritime

Le port de Kismayo est d'une importance stratégique, une région autonome extrêmement importante.
Amedou Ould Abdallah
11-10-2013 - Par Olivier Rogez

Selon Cyrus Oguna, l’offensive a débuté il y a trois jours. Ce matin vers 2 heures, les dernières troupes kényanes mais aussi somaliennes transportées par voie maritime ont débarqué à quatre kilomètres de Kismayo. Le nombre de navires déployés pour cette opération amphibie n’a pas été précisé et le porte-parole dément que des forces navales étrangères soient impliquées, alors que la rumeur enfle sur la présence de soldats occidentaux. Toujours est-il que la flotte kényane effectue des tirs depuis la côte.

Les jours précédents, l’aviation et les forces navales avaient bombardé plusieurs lieux présentés comme des entrepôts d’armes et de munitions. Les troupes kényanes et leurs alliés somaliens ont répété aux résidents de s’éloigner des zones de combats pour éviter les dommages collatéraux.

Cette offensive intervient quasiment un an après le début de l’intervention militaire kényane en Somalie. Selon le Haut commissariat aux réfugiés (HCR), 12 000 personnes ont fui Kismayo, ville d’environ 200 000 habitants ces dernières semaines.

Bientôt la fin de la guerre ?

La perte de Kismayo risque d’etre un coup sévère porté au mouvement shebab. Cette ville portuaire constituait ces dernières années pour eux une source de revenus importante et l'une des principales depuis la perte de Mogadiscio en 2011.

Cependant, la prise de Kismayo ne signifie pas loin de là, la fin de la guerre. Les insurgés islamistes contrôlent encore une large zone principalement rurale dans le sud de la Somalie. Ces dernières semaines à Mogadiscio, ils ont montré qu’ils pouvaient frapper dans les zones gouvernementales et faire beaucoup de victimes.

Incapables de faire face à une armée bien équipée, qui dispose d’une force aérienne, ils peuvent en revanche se replier sur une tactique de guérilla urbaine, en se dissimulant parmi la population, et lancer des attaques kamikazes. Le nombre d’assassinats ciblés, qui ne sont sans doute pas tous attribuables aux insurgés, a considérablement augmenté.

Comme à la fin 2006, lors de l’intervention éthiopienne en Somalie, les combattants ont commencé à se replier vers le sud, la zone forestière de Ras Kamboni, ou il est très facile de se dissimuler, mais aussi vers le Kenya.

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