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Article publié le : vendredi 28 septembre 2012 à 07:39 - Dernière modification le : vendredi 28 septembre 2012 à 07:39

Tunisie : la défense de la femme violée par des policiers accuse le pouvoir

La marche des femmes tunisiennes contre un projet d'article de la Constitution qui revient  sur le principe de l'égalité des sexes. A Tunis, le 13 août 2012.
La marche des femmes tunisiennes contre un projet d'article de la Constitution qui revient sur le principe de l'égalité des sexes. A Tunis, le 13 août 2012.
Photo AFP / Feth Belaïd

Par RFI

Les autorités tunisiennes sont pointées du doigt, après l'agression d'une jeune femme début septembre. Violée par deux policiers, elle doit comparaître mardi prochain, pour «atteinte à la pudeur». Il lui est reproché son attitude, alors qu'elle était avec son petit ami. C'est à la suite de l'interpellation du couple qu'elle a été abusée. Ses avocates accusent le gouvernement, dominé par le parti islaimiste Ennahda d'être moralement et politiquement responsable des agressions policières contre les femmes.

Le porte parole du ministère de l'Intérieur avait déclaré il y a plusieurs semaines que la jeune femme violée avait été interpellée dans une position immorale. « Ces déclarations visent à justifier le viol » avait protesté Saïda Garrache, l'une des avocates de la victime.

Aujourd'hui Maître Garrache ne décolère pas depuis que sa cliente se retrouve dans le box des accusés : « Le procureur de la République suit les ordres du ministre de la Justice. Donc il a pris une décision sous instruction. Cela fait un bon moment, depuis l’arrivée de ce gouvernement, plusieurs tentatives d’harcèlement, d’atteinte aux droits des femmes dans les espaces publics commencent à être 'tolérés' , d’une manière ou d’une autre ».

L'affaire a provoqué des remous au sein de la classe politique tunisienne. Lobna Jeridi, députée d'Ettakatol, partenaire du parti islamiste Ennahda, est révoltée. Elle a participé, avec trente femmes députés de tous bords, à une réunion jeudi après-midi pour identifier les moyens de soutenir la victime :

«Cette femme victime a eu le courage aujourd’hui de porter plainte. Aujourd’hui, nous ne pouvons pas faire un procès pour atteinte aux mœurs avant le procès du viol, un viol commis par des agents de sécurité . Cette affaire va baillonner complètement les femmes violées ».

Les trois policiers ont été incarcérés. La victime a déclaré qu’elle n’envisageait pas de renoncer à sa plainte. De son côté, le ministère de l’Intérieur a publié un communiqué appelant à ne pas instrumentaliser cette affaire.

La double peine

Pour les deux fiancés, le drame est vécu comme une double peine. Un soir, début septembre, trois policiers en civil.les contrôlent dans leur voiture. Selon le jeune couple d'ingénieurs, le contrôle de police tourne rapidement .au racket. Un agent.emmène le jeune homme retirer de l'argent Pendant ce temps, les deux autres en profitent pour violer plusieurs fois sa fiancée. 

Elle raconte la soirée où sa vie a basculé : « Ils m'ont emmené dans leur voiture, jJétais à l'arrière. Dès que la voiture est partie, l'un d'eux m'a attrapée et a commencé à me violer. Ils m'ont violée ».

Après une plainte du couple, les deux agents ont été incarcérés. Les autorités ont condamné le viol. Mais de victime, la jeune femme et son fiancé se retrouvent rapidement accusés, et poursuivis pour atteinte aux bonne mœurs et à la pudeur. Le parquet les accuse d'avoir été découverts dans une position « irrespectueuse ». Ils doivent comparaître devant le juge et encourent jusqu'à six mois de prison.

La jeune femme poursuit de raconter son calvaire : « Ils m'ont rendue malade. Je suis très fatiguée. Aujourd'hui, c'est comme si ils me violaient encore une fois. Ce qu'ils font maintenant c'est peut-être encore plus grave. Je suis très malade, je pense même au suicide ».

Le couple, dont les parents ne savent rien du drame, dénonce des pressions de la police tunisienne pour l’obliger à retirer sa plainte. Dans ce combat, plusieurs avocates et associations les soutiennent spontanément sur internet. Des appels à manifester ont été lancés en Tunisie pour demanderl'abandon de toute poursuite contre le couple.

 

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LA CRITIQUE DEPLACEE

Que l'on ait ce gouvernement en sympathie ou en aversion, nul ne doit lui imputer tous les maux de la société tunisienne. Il ne s'est pas installé au pouvoir tout seul,mais y est venu du chef de la volonté populaire. Ce n'est pas lui qui encourage ou incite les policiers suspects de viol.Ceux-ci seront éventuellement jugés seuls responsables de leurs actes.La défense serait bien inspirée de réserver ses critiques au magistrat instructeur et au procureur qui saisi, par le juge d'une demande de réquisitoire supplétif,ouvrit la mise en examen de la plaignante et de son fiancé du chef d'outrage public à la pudeur.Le seul travail pertinent et concluant de la défense était de récuser le juge d'instruction. Tout se battage, n'est que de l'esbroufe!

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