Somalie : les shebabs se retirent de Kismayo, leur dernier bastion


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Vingt-quatre heures après le début de l'assaut des troupes de l'Union africaine, les shebabs ont abandonné le port stratégique de Kismayo, dans le sud de la Somalie. C'était leur dernier bastion dans le pays. Mais les shebabs ont annoncé qu'il ne s'agissait que d'un repli stratégique et qu'une future contre-attaque est prévue.

A midi ce samedi 29 septembre, les troupes kényanes et somaliennes se trouvent toujours dans la partie nord de la ville de Kismayo, après l’annonce du départ des insurgés islamistes pendant la nuit.

Le porte-parole kényan Cyrus Oguna affirme que la priorité est de consolider les positions et de vérifier la véracité des informations concernant le repli des shebabs. Ils progressent lentement aussi pour vérifier la présence de mines le long des routes. Le colonel Cyrus Oguna ne confirme pas que l’armée kényane leur a laissé une porte de sortie, mais il se félicite de ce repli qui va éviter des combats sanglants à l’intérieur de la ville. Mais certains observateurs estiment fort probable qu’une partie soit restée pour se dissimuler parmi la population civile. Cependant, selon des sources locales concordantes, le gros des combattants a quitté la ville, vraisemblablement vers le nord-ouest, une grande partie du Moyen-Jubba étant encore sous leur contrôle, notamment la ville de Jilib.

Dès leur départ, les pillages de leurs anciennes bases ont commencé car les forces alliées ne détenaient pas encore le contrôle du centre de la ville. Les habitants se seraient emparés de nourriture, de meubles, d’ordinateurs, mais également, des armes et des munitions que les insurgés n’ont pas pu emporter.

Les shebabs ont donc choisi de réagir de la même manière que pour toutes les villes qu’ils ont perdu. Ils savent qu’ils n’ont pas les moyens de se confronter à une armée conventionnelle, équipée, armée, et munie d’une force aérienne. Andlus Radio, la radio des shebabs, n'émet plus. Les rebelles ont d'ailleurs quitté le bâtiment en emportant avec eux le matériel de diffusion.

Ce départ de Kismayo, le dernier bastion des islamistes somaliens, intervient donc au lendemain du début de l'opération des forces kényanes. De leur côté, les shebabs préfèrent parler de retraite stratégique. Le porte-parole des rebelles, Ali Mohamud Rage, évoque déjà une future contre-attaque. Il vient de déclarer que Kismayo se transformerait vite en « champ de bataille ». L’armée kényane appelle les insurgés qui sont restés en ville à rendre leurs armes.