Les partisans maliens d'une intervention militaire augmentent la pression


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Le Premier ministre malien Cheick Modibo Diarra a donc demandé cette semaine au Conseil de sécurité de l'ONU d'adopter une résolution autorisant une force militaire internationale pour reconquérir le nord du pays. Cette demande formelle des autorités maliennes est une étape essentielle dans le processus. L'option militaire est-elle désormais la seule option ? « Oui », déclare le Premier ministre dans un entretien au quotidien Le Monde en affirmant que le « temps pour les négociations est passé ». Mais tous les acteurs politiques maliens ne sont pas forcément sur la même longueur d'onde.

Au sein de l’appareil d’Etat, le Premier ministre malien apparaît désormais comme le chef de file des partisans de la méthode forte contre les jihadistes qui contrôlent le nord du Mali. Dans tous les cas, son discours se fait désormais plus musclé. Dans un entretien accordé à plusieurs journaux, il estime que l’heure n’est plus à la négociation et qu’il faut affronter l’ennemi.

Mais au Mali, tout le monde n’adopte pas ce ton guerrier. L’ex-junte par exemple, plutôt favorable à une intervention militaire, affirme néanmoins que les forces maliennes doivent être le pivot de l’opération « Reconquête du Nord ».

Quand au président malien Dioncounda Traoré, il semble souffler le chaud ou le froid. Il a récemment affirmé avoir deux cartes en mains, celle de déclencher les hostilités contre les jihadistes et celle d’engager les négociations.

Au sujet justement des négociations, signalons que l’Algérie accueille depuis quelques jours des responsables du mouvement islamiste Ansar Dine alors qu’au même moment un officiel malien se trouve à Alger. D’après nos informations, les frères ennemis ont eu au moins un entretien.