Comores : nouveau drame maritime


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Le naufrage d'une embarcation de fortune entre Moheli et la Grande Comore a fait six morts et disparus dont deux femmes le 29 septembre. Seul le capitaine a survécu, il est entre les mains de la gendarmerie et les recherches se poursuivent pour tenter de retrouver les corps. Il ne s'agit pas d'émigrants clandestins qui tentaient de rejoindre l'île française de Mayotte mais de ressortissants comoriens qui se déplaçaient d'île à île. L'affaire rappelle que les transports inter-îles sont de plus en plus compliqués : les avions étant insuffisants, le secteur informel se développe, avec tous les risques que cela comporte pour la sécurité.  

Voyager entre les îles est devenu un vrai casse-tête pour les Comoriens. Trouver une place dans un avion ou pour aller d’une île à l’autre relève du parcours du combattant. Les rares compagnies aériennes qui font les lignes intérieures, sont régulièrement saturées, leurs petits appareils sont loin de satisfaire la demande de plus en plus pressantes.

La solution pourrait venir du transport maritime. Mais là aussi, la situation est presque identique. Depuis un an, un arrêté du ministère des Transports interdit la navigation des bateaux monomoteurs. Une décision prise après un autre naufrage mais qui a diminué sensiblement la flotte. Sur trois à quatre ferries opérant encore entre les îles et pour palier ce vide, les passagers désireux de voyager entre les îles se rabattent vers ces embarcations de fortune.

Des embarcations de pêche jugées plus rapides et moins chères mais dangereux. Et les autorités semblent impuissantes face à ce phénomène, un phénomène qui est loin de s’estomper car au lieu de trouver une solution, des autorités empruntent elles aussi ce passage.