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Somalie

Somalie: Kismayo sous le contrôle des soldats somaliens et kényans

Des soldats de l'armée somalienne aux abords de Kismayo, le 1er octobre 2012.
© AFP PHOTO / AU-UN IST PHOTO / STUART PRICE

Plus de 48 heures après le retrait des islamistes shebabs de Kismayo, les premiers soldats de la Force de l’Union africaine en Somalie (Amisom) sont entrés dans la ville, ce lundi 1er octobre. Le dernier grand bastion des shebabs est désormais tombé et se trouve sous le contrôle des soldats somaliens et kényans. Les habitants ont accueilli avec soulagement l’arrivée des forces coalisées, mais ils ont toujours peur.

Près de 450 soldats sont arrivés, ce lundi en milieu de journée, à Kismayo, dans le sud de la Somalie, et se sont installés dans l’ancien quartier général de la police. A leur arrivée, ils n’ont pas rencontré de résistance. Les troupes sont néanmoins entrées avec prudence, craignant notamment la présence d’explosifs dans la ville - pièges meurtriers laissés par les shebabs avant leur retrait de Kismayo, samedi dernier -, a précisé un porte-parole de l’armée somalienne.

La peur d’une résurgence des violences claniques

Dans l’immédiat, les habitants de Kismayo ont accueilli avec soulagement l’arrivée des forces gouvernementales et celles de l’Amisom. C’est ce qu’a affirmé un officiel somalien. C’est ce qu’a reconnu aussi un habitant de Kismayo, joint par RFI, en fin de journée.

Mohamed Ali se réjouit du calme actuel dans la ville, même s’il ne fait aucune prévision sur la situation dans les jours à venir. En effet, depuis le départ des shebabs, les habitants de Kismayo redoutent un retour en force des milices claniques qui se disputaient la ville avant l’arrivée du groupe islamiste, il y a cinq ans. A Kismayo, les armes sont partout et les shebabs, selon plusieurs sources, en ont distribué avant de partir, appelant la population à lutter contre l’Amisom.

C'est le 30 septembre que la marine kényane a pilonné le port de Kismayo délogeant, de leurs positions, les shebabs. Toute la ville est maintenant sous contrôle des forces somaliennes et de l’Amisom. C’est ce que confirme aussi sur RFI, le jeune habitant de Kismayo, Mohamed Ali.

Il n’y a aucun combat en ville, ce lundi soir.
Mohamed Ali
11-10-2013 - Par Olivier Rogez

L’abandon de Kismayo est le dernier revers militaire des shebabs qui ont perdu, un à un, leurs bastions d’importance depuis qu’ils ont été chassés de Mogadiscio, en août 2011. Ils continuent néanmoins de contrôler d’autres localités du sud et du centre de la Somalie et, depuis un an, le mouvement - intégré au movement terroriste al-Qaïda - a également multiplié les actes de guérilla et les attentas.

Aide humanitaire d’urgence

Après la prise de la ville et du port de Kismayo, le président somalien, Hassan Cheikh Mohamoud, a tenu à féliciter, ce lundi 1er octobre, dans un communiqué, l’Amisom et les troupes somaliennes qui ont montré « de la bravoure » en chassant l’ennemi en dehors de la ville.

Le chef de l’Etat somalien a appelé aussi la communauté internationale et les organisations humanitaires à venir en aide, rapidement, aux populations civiles. Selon le Haut commissariat de l’ONU aux réfugiés (HCR), au cours des quatre dernières semaines, environ 12 000 personnes ont fui Kismayo, ville de 200 000 habitants où une aide humanitaire y est également attendue d’urgence, ainsi que le souligne, sur RFI, Mohamed Ali.

Il n’y a plus, ici, la moindre agence humanitaire ni la moindre assistance.
Mohamed Ali
11-10-2013 - Par Olivier Rogez

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