Afrique du Sud: ouverture du procès du Nigérian Henry Okah, chef présumé du Mend


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Le procès du Nigérian Henry Okah s’est ouvert lundi 1er octobre 2012 à Johannesburg, deux ans jour pour jour après les attentats qui avaient tué 12 personnes à Abuja. Attentats dont il est accusé d’être le cerveau. Deux voitures piégées avaient explosé alors que le Nigéria fêtait les 50 ans de son indépendance. Chef présumé du Mend, le Mouvement pour l’émancipation du delta du Niger, Henry Okah vivait à Johannesburg et comme Abuja n’a pas demandé son extradition, il est poursuivi pour actes de terrorisme par une cour sud-africaine.  

«Qui finance votre voyage ici pour venir témoigner ? Et qui vous loge ?». Réponse : «Abuja». Les questions du procureur à son premier témoin, le ministre des Affaires du delta du Niger, Peter Orubebe, plantent le décor : l’Etat nigérian n’a pas demandé l’extradition d’Henry Okah, mais cette affaire le touche de très près. La large délégation nigériane dans la salle d’audience en témoigne, de même que les impressionnantes mesures de sécurité qui entourent le procès.

Le ministre décrit Henry Okah comme un homme admiré, qu’il rencontre plusieurs fois «en tant qu’ami» pour s’enquérir de l’application des accords d’amnistie pour les anciens rebelles du Mend. Mais il se crispe lorsque le procureur, documents à l’appui, étaye les arguments d’Henry Okah qui affirme avoir été contacté, avant les attentats, par des proches du président actuel, Goodluck Jonathan. Ils lui demandaient de l’aide pour assurer son élection. «Mensonges !» défend le ministre.

Ce mardi 2 octobre, ce sera au tour de la défense d’interroger le témoin. Il est le premier d’une bien longue série : le procureur devrait appeler 261 personnes à la barre, et le procès durer jusqu’au 7 décembre.