Burundi - 
Article publié le : mardi 02 octobre 2012 à 22:35 - Dernière modification le : jeudi 04 octobre 2012 à 10:59

Hassan Ruvakuki, correspondant de RFI au Burundi: «Je suis innocent, ma place n’est pas en prison»

Hassan Ruvakuki.
Hassan Ruvakuki.
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Par RFI

Incarcéré depuis dix mois, le correspondant de RFI au Burundi clame son innocence. Alors qu’il doit être jugé en appel à partir du 8 octobre 2012, Hassan Ruvakuki a transmis à une délégation de RFI venue lui rendre visite en prison une lettre intitulée « Ma vérité ». Dans ce texte détaillé, il clame son innocence et revient sur l’enchaînement d’événements qui l’ont conduit à être condamné en première instance à la perpétuité pour « actes de terrorisme », alors qu’il n’a fait qu’exercer son métier.

Texte intégral de la lettre de Hassan Ruvakuki

Dans une lettre écrite depuis la prison de Muramvya, une localité à l’est de Bujumbura, Hassan Ruvakuki, correspondant de RFI au Burundi, entend « rétablir la vérité » et répéter avec force que, contrairement à ce dont on l’accuse, il n’est « pas un terroriste ».

Cette lettre a été remise par Hassan Ruvakuki à Anne-Marie Capomaccio, directrice des rédactions de RFI, et Jean-Karim Fall, responsable de l'antenne Afrique, lors d’un voyage destiné à convaincre les autorités burundaises, ainsi que les représentations diplomatiques européennes présentes à Bujumbura, que le correspondant de la station n’avait fait qu’exercer son métier dans un contexte politique tendu.

En reportage en Tanzanie

« Je n’ai jamais appartenu à un quelconque parti politique, encore moins à un mouvement armé », se défend-t-il dans ce texte de trois pages transmis à RFI, dans lequel il précise chronologiquement et en détail son emploi du temps les jours précédant son arrestation. Il raconte ainsi comment il a pris connaissance de la constitution, en Tanzanie, d’un mouvement armé burundais soupçonné d’avoir perpétré plusieurs attaques les semaines précédentes, et d’avoir décidé de s’y rendre afin réaliser un reportage pour la station privée Bonesha FM et le service en swahili de RFI, ses employeurs.

« Comme tous mes confrères de la planète, je suis allé vérifier sur le terrain la véracité d’une information dont j’avais la primeur », explique le journaliste, qui a pourtant été arrêté et accusé d’« actes de terrorisme » en même temps qu’une vingtaine d’autres accusés.

Procès injuste

Au cours de son procès en première instance, les avocats du correspondant de RFI en swahili et de treize autres prévenus avaient refusé de plaider, en invoquant de très nombreuses violations de la procédure. Un mois après, Hassan Ruvakuki et ses treize co-accusés étaient tous condamnés à la prison à vie.

« Aujourd’hui, cela fait dix mois que je croupis en prison », conclut-il dans sa lettre. « Avec mes avocats, je veux crier à la face du monde que je suis innocent, que ma place n’est pas en prison, mais aux côtés de mon épouse et de ma petite fille de sept mois (que je n’ai pas vu naître), parmi mes confrères. » Sa lettre se termine par ces mots : « Je suis innocent et j’ai foi en la justice. »

tags: Burundi - Droits de l’homme - Justice - médias
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(6) Réactions

innocence

Quelques fois je me demande comment quelqu'un qui, à ma petite connaissance, n'attaque presque jamais le gouvernement dans ses reportages, sa boîte non plus, peut être innocemment victime d'une situation pareille alors que les journalistes les plus connus pour leur opposition au pouvoir (ceux de la RPA par exemple) ne sont pas du tout derrangés!!!! .....
Mais cela n'empêche qu'il soit innocent car je sais qu'avoir la primeur sur l'info est aussi une véritable obsession chez les journalistes. Cela accroît leur popularité. Même si RUVAKUKI pouvait être coupable, je pense et je suis convaincu par ailleurs que le libérer aujourd'hui positiverait l'image du pouvoir en baisse de popularité selon une certaine opinion et je reste tout aussi convaincu que sa libération ne nuira vraiment pas au pouvoir étant donné que la présumé rébéllion a été mâtée jusqu'à l'avant dernier membre de ce mouvement......

Tout a fait d'acord avec vous

D'accord avec vous, qu'une libération, par exemple pour manque de preuves, ne pourrait que bénéficier ce pouvoir, cette dictature et sa "justice", qui fait parti des pays les plus corrompues du monde.

A perpétuité?!

Le Burundi, les burundais n'ont vraiment pas de chance et aucune possibilité de progresser.
Leurs dirigeants sont particulièrement incapables et n'ont toujours pas compris, que la responsabilité d'un gouvernant est de SERVIR au peuple.
Mais ces gens la, comme les voleurs, dorment plus tranquilles car après être arrivé illégalement au pouvoir, ils passent leur temps a voir des ennemis partout et a tenter les éliminer. Ils vivent dans une peur paranoïaque.

Le problème est que en coupant tout soutient financier au pays pour faire pression sur le pouvoir, normalement on aggraverait encore plus le sort des populations, même si je ne suis même pas sur de cela dans le cas du Burundi. Là bas je pense que profitent des aides que les gros cousins graisseux proches au gouvernement.
Est-ce qu’ils ne se rendent pas compte que le monde les voit ? Cette affaire de Mr. Hassan R. ne faut aucun doute. Je lui souhait beaucoup de courage et j’espère que le printemps burundais viendra !

il clame son innoncence

Par la grâce de DIEU LE PLUS HAUT, penser à sauver ce pauvre et innocent journaliste, il n'a fait que son devoir de journaliste, c'est les risques du métier, bien que le Burundi est un pays de dictature, pas de démocratie. chacun a peur de gréver, de marcher, de dénoncer. MAIS LA VÉRITÉ TRIOMPHERA UN JOUR AVEC TOI. DIEU EST AVEC TOI Hassan.

Comment savez-vous qu'il est

Comment savez-vous qu'il est innocent? Arrêtez vos impostures de donneurs de leçons, connaissez-vous l'affaire, si ce n'est par analyse superficielles publiées ca et la? Pourquoi lui et non les journalistes de la RPA par exemple? Pourtant il n'était pas de ces journalistes qui se distinguaient par la critique du pouvoir.

A perpétuité?!

Bonjour, même si il était coupable d'avoir sympathisé avec ce groupe, qui que ce soit, on parle de PERPÉTUITÉ!! Ça démontre clairement que derrière il y'a des gens qui ont peur!
Cet une sanction complètement absurde!!! Désorbitant. Quelle justice prononce aujourd'hui cette peine complètement désorbitant et absurde?

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