Soudans: la diplomatie américaine surveille de près l'évolution des relations entre Juba et Khartoum


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L’accord sur le partage du pétrole conclu la semaine dernière entre le Soudan et le Sud Soudan est «un premier pas» qui aura des retombées économiques importantes. C’est le sentiment de l’envoyé américain pour le Soudan et le Soudan du Sud, Princeton Lyman, qui se dit également inquiet des violations des droits de l’homme par les forces de police du Soudan du Sud.

Avec notre correspondant à New York, Karim Lebhour

L’accord pétrolier entre les deux Soudans a mis plus d’un an à être négocié. Même si la question des frontières et du statut d’Abyeh n’est pas résolue, l’envoyé américain Princeton Lyman veut croire que cet accord, s’il est appliqué, sera déterminant. «Ce n’est pas seulement un accord sur le pétrole. C’est aussi un accord qui va permettre de commercer des deux côtés de la frontière. Il comprend aussi la démilitarisation de la frontière pour ne pas avoir deux armées l’une contre l’autre. C’est très important et cela aura beaucoup d’impact.»

En acceptant la sécession du Sud, Khartoum espérait être payé en retour par une levée des sanctions et un allègement de sa dette. Cela ne s’est pas produit. Princeton Lyman juge qu’il encore trop tôt pour une normalisation avec le Soudan. «Il y a encore une guerre en cours au Soudan contre sa propre population au Kordofan et dans le Nil bleu. Il paraît difficile d’avancer dans la normalisation sans un accès humanitaire à ces régions et des progrès sur ces questions» explique l'envoyé américain à RFI.

Princeton Lyman se dit également très inquiet des violations des droits de l'homme observés au Soudan du Sud par la police et l’armée sud-soudanaise. Les Etats-Unis soutiennent le Soudan du Sud à hauteur de près d’un milliard de dollars. C’est l’aide américaine la plus importante sur le continent, derrière l’Egypte.