Maroc - 
Article publié le : jeudi 04 octobre 2012 à 22:23 - Dernière modification le : jeudi 04 octobre 2012 à 22:24

Le «navire pour l'avortement» lève l'ancre et quitte le Maroc

Environ 150 manifestants étaient rassemblés sur le port de Smir. «L'avortement : un crime contre l'humanité», pouvait-on lire sur leurs pancartes.
Environ 150 manifestants étaient rassemblés sur le port de Smir. «L'avortement : un crime contre l'humanité», pouvait-on lire sur leurs pancartes.
AFP/FADEL SENNA

Par RFI

Après avoir réussi à accoster ce jeudi à Smir, le « navire pour l'avortement » a dû quitter le Maroc dans la soirée. Il transporte les membres d'une ONG néerlandaise qui entendait proposer aux femmes qui en ont besoin d'avorter en toute sécurité. L'IVG est interdite au Maroc, mais 600 à 800 femmes y ont recours chaque jour, dans la clandestinité.

Juste avant le coucher de soleil, après de longues négociations, le bateau a finalement levé l'ancre sous l'escorte d'une frégate de la marine marocaine. La victoire aura donc été de courte durée pour les organisateurs de cet événement. Une petite incursion dans le port de Smir et quelques coups de klaxon devant les caméras, et puis plus rien. Interdiction d'approcher le navire. Aucune femme marocaine ne sera venue à bord pour se faire avorter.

Ce qui est sûr, c'est que l'opération n'a pas reçu ici un accueil chaleureux. Un peu plus de 150 manifestants étaient postés dans le port bouclé par la police. Des hommes et des femmes venus défendre le droit à la vie. « Dégagez, assassins », ont-ils scandé. Certains brandissaient des photos de fœtus avec la mention : « Nous aussi, on veut vivre ».

« Faire venir un bateau d'Europe n'est pas la solution, ont expliqué certains d'entre eux. Nous n'avons pas besoin d'organisations étrangères pour nous expliquer ce que nous devons faire. »

En face, l'organisation « Women on waves » a rappelé être venue à l'invitation d'une association marocaine. Elle espère que ce coup de projecteur aura permis au moins aux Marocaines de savoir qu'il existe un médicament qui peut servir de pillule abortive. Elle espère aussi avoir relancé le débat très polémique sur la légalisation partielle de l'avortement.

tags: Maroc - Santé et Médecine
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