Algérie : l’ancien président Chadli Bendjedid est décédé


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L'ancien président algérien Chadli Bendjedid est décédé, ce samedi 6 octobre, à l'âge de 83 ans, des suites d'un cancer. Il avait été admis, il y a plus d'une semaine, à l'hôpital militaire d'Aïn Naâdja à Alger. A la tête de l'Algérie pendant 13 ans, de février 1979 à janvier 1992, Chadli Bendjedid reste pour beaucoup un des artisans de la démocratisation de l'Algérie. Un deuil national de huit jours a été décrété.

Il a voulu faire face aux bouleversements du monde.
Aïssi Kassa
11-10-2013 - Par Nicolas Champeaux

Chadli Benjedid laissera son nom dans l'histoire de l'Algérie pour avoir été à l'origine de la démocratisation des institutions algériennes, notamment par la promulgation d'une Constitution pluraliste en février 1989.

Pourtant sa carrière politique, il l'a commencée, comme bien d'autres, dans le maquis, dès le début de la guerre d'indépendance en 1954. En 1965, il devient membre du Conseil de la révolution mis en place après le renversement du premier président Ahmed Ben Bella. Il reste dans l'ombre de Houari Boumédienne jusqu'en janvier 1979, date à laquelle l'armée le propulse à la tête de l'Etat.

En octobre 1988, les émeutes contre la vie chère et pour la démocratie sont réprimées dans le sang. Après sa réélection en décembre de la même année, il décide de démocratiser les institutions : une Constitution pluraliste et la renonciation à la présidence de l'ancien parti unique, le Front de libération nationale (FLN).

Mais avec la montée en puissance des islamistes aux municipales de 1990 puis aux législatives de décembre 1991, l'armée interrompt le processus électoral et force Chadli Benjedid à démissionner. Il restera en résidence surveillée jusqu'en 1999.

Le président Chadli venait d'écrire ses mémoires, dont la parution est prévue pour le 1er novembre.


Abderazak Makri, vice-président du parti islamiste MSP (Mouvement de la société pour la paix) a quitté la coalition au pouvoir en Algérie en janvier :

Chadli Bendjedid est le plus important président algérien depuis l'Indépendance.
Abderazak Makri vice-président du parti islamiste MSP
11-10-2013 - Par Nicolas Champeaux

En janvier 1992, alors que l'armée avait interrompu le processus électoral remporté par les islamistes du FIS, Bendjedid avait été forcé à la démission et s'était retrouvé assigné à résidence à Oran. Un épisode sur lequel il ne s'est jamais exprimé. Quels étaient ses rapports exacts avec les militaires ? Pour les commentateurs, c'est l'une des zones d'ombre de sa carrière. Fayçal Metaoui est éditorialiste au quotidien El Watan :

Il y a des zones d'ombre sur l'itinéraire politique de Chadli Bendjedid.
Fayçal Metaoui, éditorialiste à «El Watan»
11-10-2013 - Par Nicolas Champeaux

Chadli Bendjedid s'est illustré pour avoir emmené l'Algérie sur le chemin du pluralisme politique. Il a aussi, à la fin de son mandat, oeuvré pour la libéralisation de l'économie. Abderrahmane Hadj Nacer, banquier d'affaires, a été gouverneur de la Banque centrale algérienne de 1989 à 1992, c'est-à-dire durant les trois dernières années de Bendjedid à la présidence de l'Algérie :

Chadli Bendjedid avait du bon sens.
Abderrahmane Hadj Nacer, ancien gouverneur de la Banque centrale algérienne
11-10-2013 - Par Nicolas Champeaux

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