Côte d'Ivoire: après le rapport de l'ONU, les exilés pro-Gbagbo dénoncent des manipulations


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Samedi 6 octobre, RFI révélait le contenu d'un rapport confidentiel du groupe d'experts des Nations unies sur la Côte d'Ivoire. Ce document intermédiaire de 26 pages, qui doit être débattu dans les prochains jours au Conseil de sécurité, révèle des activités de déstabilisation de la Côte d'Ivoire orchestrées par les partisans de l'ex-président Gbagbo et des contacts qui auraient été noués avec, d'un côté des putchistes maliens, et d'un autre, avec les islamistes d'Ansar Dine pour déstabiliser Alassane Ouattara (par ailleurs président en exercice de la Cédéao). Premières réactions.

Le rapport intermédiaire, que RFI a pu se procurer, révèle des violations par les autorités ivoiriennes des sanctions onusiennes qui frappent toujours le pays, notamment en ce qui concerne l'achat d'armes. Mais surtout, le document met en cause Damana Pickass, un leader de la galaxie patriotique ivoirienne, aujourd'hui réfugié au Ghana. Il serait présenté comme l'organisateur des actions de déstabilisation en Côte d'Ivoire et aurait des ramifications avec des membres de la junte malienne dont le capitaine Sanogo, et surtout avec les islamistes du nord du Mali.

Damana Pickass dément catégoriquement. Pour lui, ce rapport est la preuve que certaines officines des Nations unies cherchent toujours à faire pression sur les autorités ghanéennes afin que les réfugiés pro-Gbagbo soient livrés au président Alassane Ouattara.

Je n'ai jamais pris contact, directement ou indirectement, avec le capitaine Sanogo ex-chef de la junte militaire [malienne]. Mais pire, je ne connais pas Ansar Dine. Je tombe des nues. Les réfugiés pro-Gbagbo ne demandent qu'à vivre en paix.
Damana Pickass
11-10-2013 - Par Boniface Vignon

D'après ce rapport, les exilés pro-Gbagbo continuent d'organiser la déstabilisation de la Côte d'Ivoire. Ainsi peut-on lire dans ce document que le 12 juillet dernier, lors d'une réunion à Takoradi au Ghana, trois groupes d'exilés composés chacuns de militaires et de civils ont décidé d'unir leur force et de définir ensemble une stratégie pour reprendre le pouvoir à Abidjan.

Parmi ces dignitaires figurerait, entre autres, l'ex-directeur du port d'Abidjan, Marcel Gossio. Ce dernier conteste catégoriquement ces informations.

Je suis au Maroc depuis le 19 avril 2011, et je n'en suis jamais sorti depuis. Au sein de l'ONU, des gens sont manipulés. Je les mets au défi de me donner la preuve de la traçabilité des transferts pour financer une telle action.
Marcel Gossio
11-10-2013 - Par Boniface Vignon