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Nord du Mali: ces Français attirés par le jihad

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La photo ci-contre est une exclusivité de RFI. Elle montre que des ressortissants français, aux côtés des extrémistes religieux, participent pleinement aux opérations dans le nord du Mali. D'après différentes sources, ceux-ci peuvent être des binationaux mais aussi de simples Français, attirés par une aventure qui, souvent, prend une tournure sanglante.

Au Mali, deux ressortissants français font parler d’eux. Sur la photo exclusive publiée sur cette page, on reconnaît nettement l’un d’eux. Il est assis derrière un véhicule de type pick-up. La photo a été prise à Gao. Les passagers du véhicule, ne savaient pas qu’ils étaient pris en photo. L’auteur du cliché, rencontré à Bamako, explique que la veille, il avait rencontré « Mohamedou », un des surnoms du Français assis à l’arrière et qui tient en bandoulière une Kalachnikov.

« Il était content d’être à Gao, "chez ses frères de lutte", il se sent chez lui », témoigne encore l’auteur du document photo dont une copie s’est manifestement retrouvée dans les mains de la DCRI, comme l'indique une source parisienne qui n’a pas eu, elle, accès à l’image.

Loups solitaires ? Adeptes de l'auto-radicalisation ? Selon différentes sources sécuritaires, des Français sont de plus en plus attirés par le jihad dans le nord du Mali. Certains sont des binationaux. Pour brouiller les pistes, ils débarquent généralement à Dakar, au Niger, ou au Burkina Faso. Ils planquent leur passeport français et prennent leur passeport africain. L'avantage ? Ils voyagent dans la sous-région sans laisser la moindre trace. Certains ont pu ainsi effectuer « un pèlerinage » dans le nord du Mali et repartir le plus tranquillement du monde en France.

Accent français impeccable

D'autres y ont laissé leur peau. C’est le cas de « Kacam ». L’homme présenté sous ce nom a débarqué, en octobre 2011, dans le nord du Mali, avec le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao). Lors de l’annonce de la création de ce mouvement, le français employé par « Kacam » était impeccable. Son accent ne laissait aucun doute : il avait longtemps vécu en France. « Kacam » avait donc probablement plusieurs nationalités : française, capverdienne, et pourquoi pas mauritanienne.

Son histoire s’est terminée début août 2012 au Niger, plus précisément dans la localité de Tillabéry. L'homme était en repérage pour opérer un enlèvement de touristes européens. Il a fait usage de son arme. Les forces de sécurité nigériennes ont riposté. Il a été tué.

Mais les loups solitaires, les jeunes qui se lancent dans le jihad, sont également des Français n'ayant pas d'ascendance étrangère directe. A Tombouctou (nord-ouest) vit un ressortissant français surnommé Abdoul Jelil. Il est marié à une Maghrébine. Il a quatre enfants. Abdoul Jelil était à Tombouctou avant l’arrivée des jihadistes. Il est resté sur place, et a épousé leur cause. Du moins, en apparence.

 

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