RDC : regain de tension entre Paris et Kinshasa avant le sommet de la Francophonie - Afrique - RFI

 

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Afrique

Ban Ki-moon France François Hollande Francophonie Joseph Kabila RDC

RDC : regain de tension entre Paris et Kinshasa avant le sommet de la Francophonie

media François Hollande lors de la conférence de presse conjointe avec le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, mardi 9 octobre à Paris. AFP PHOTO / ERIC FEFERBERG

A quatre jours du sommet de la Francophonie qui se tiendra dans la capitale congolaise, les relations se sont encore tendues entre Paris et Kinshasa. Le président français, François Hollande a, une nouvelle fois, critiqué les autorités congolaises, ce mardi 9 octobre, en déclarant que la situation démocratique en République démocratique du Congo (RDC) est « tout à fait inacceptable ». Kinshasa n’a pas tardé à riposter en estimant que le président français était « mal informé ».

Alors qu’il tenait, à Paris, une conférence de presse avec le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, le président français n’a pas mâché ses mots pour décrire sa vision de la RDC et critiquer frontalement Joseph Kabila et son gouvernement. François Hollande – attendu samedi 13 octobre dans la capitale congolaise pour le sommet de la Francophonie - a notamment déclaré que la situation démocratique en RDC était « tout à fait inacceptable ».

La situation dans ce pays est tout à fait inacceptable sur le plan des droits, de la démocratie et de la reconnaissance de l’opposition.
François Hollande Président de la République française 11/10/2013 - par Guillaume Thibault écouter

La réaction de Kinshasa ne s’est pas fait attendre. Joint par RFI, le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, a aussitôt rétorqué en estimant que le président français était « mal informé » et que sa déclaration ne correspondait pas à la réalité du pays.

Pourquoi ne pas reconnaître à François Hollande la liberté d’une opinion ? Nous disons simplement qu’il est mal informé.
Lambert Mende Porte-parole du gouvernement de Kinshasa 11/10/2013 - par Guillaume Thibault écouter

 

La déclaration du président français est tout à fait juste parce que nous n'avons pas de démocratie, parce qu'il y a une crise de légitimité.
Martin Fayulu Le député membre du groupe des Forces acquises au changement, allié de l’UDPS. 11/10/2013 - par Bruno Minas écouter

La France hausse le ton

Ce durcissement des positions de la France intervient alors que, durant l’été, une grande partie de l’opposition congolaise et plusieurs associations, en France, avaient demandé à François Hollande de ne pas se rendre à Kinshasa, pour ne pas cautionner un « régime illégitime en matière de démocratie et de respect des droits de l’homme ». Le président français a finalement décidé d’y aller mais en promettant d’y rencontrer « l’opposition politique, les militants associatifs, la société civile » et de « tout dire, partout ».

La déclaration du président français de ce mardi « est un acte volontaire, dans la continuité de ce que nous avons déjà dit », explique l’entourage du chef de l’Etat français qui ajoute : « Nous voulons un dialogue franc et direct. »

C'est important d'envoyer ce message. Le fait de choisir d'y aller c'est de tout dire aussi. c'est une autre diplomatie que celle de Nicolas Sarkozy, celle de la clarté.
David Assouline Porte-parole du Parti socialiste. 11/10/2013 - par RFI écouter

Et si à Kinshasa l’expression « la situation des droits de l’homme est inacceptable » a froissé, énervé et « n’est pas digne d’un chef de l’Etat », selon un proche du président congolais Joseph Kabila, un conseiller de l’Elysée affirme, de son côté, que « François Hollande ne sera jamais la caution de ce gouvernement congolais ».

Rappelons que la France avait demandé un procès « équitable et transparent » des responsables de l’assassinat, en 2010, du militant des droits de l’homme Floribert Chebeya, mais une audience cruciale de ce procès a été reportée après le sommet.

La France avait aussi demandé une réforme de la Commission électorale, très critiquée lors des élections controversées de 2011, mais la réforme est toujours en discussion à l’Assemblée. Par ailleurs, la création d’une Commission consultative des droits de l’homme a été annoncée mais pas encore votée.

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