La Libye ne peut pas garantir à Seif al-Islam Kadhafi, un procès équitable, selon la CPI

Seif al-Islam, après sa capture par les ex-rebelles libyens, le 19 novembre 2011.
© REUTERS/Ammar El-Darwish

Seif al-Islam Kadhafi sera-t-il jugé à La Haye ou en Libye? Arrêté en novembre 2011, le fils de l'ex-Guide libyen est toujours détenu à Zintane, berceau de puissantes brigades d'ex-rebelles lourdement armées. Depuis le 9 octobre, la Cour pénale internationale examine en audience à La Haye la requête de la Libye, qui insiste pour juger elle-même Seif al-Islam Kadhafi pour crimes contre l'humanité. Tripoli affirme disposer d'assez de preuves pour le juger. Mais les avocats de la CPI estiment que la Libye ne peut lui garantir un procès juste et équitable.

Les avocats de Tripoli ont donné peu de détails sur leur enquête, ni sur les capacités de la justice libyenne à organiser un procès pour crimes contre l'humanité. Philip Sands a surtout défendu ardemment la légitimité de la requête libyenne : « Si les argument de la défense devaient l'emporter, alors tout pays qui cherche à émerger d'une transition, se verrait privé du droit de réinvestir le domaine de la justice et de mettre fin à l'impunité ».

Sara Criscitelli, la représentante du procureur de la CPI, semble disposée à accorder plus de temps aux autorités libyennes. La défense du fils de Kadhafi, citant une avalanche de vices de procédure et des mauvais traitements infligés à Seif al-Islam, estime au contraire que les autorités libyennes ont perdu toute crédibilité.

C’est ce que pense l’avocate Melinda Taylor, qui fut elle-même détenue près d’un mois alors qu’elle rendait visite à son client au mois de juin : « La requête de la Libye est un château de cartes qui repose sur des arguments erronés et fallacieux. Ces arguments ne résistent pas à l'épreuve des faits, et par conséquent, le château de cartes s'effondre ».

Mais Melinda Taylor, citant l’attaque qui a entraîné la mort de l'ambassadeur américain Christopher Stevens le mois dernier à Benghazi, a également affirmé que la Libye était incapable de garantir la sécurité de son client durant un éventuel procès en Libye.

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