Un sommet de la Francophonie pour la première fois en Afrique centrale


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François Hollande est arrivé ce samedi 13 octobre à Kinshasa pour participer au 14e Sommet de la Francophonie aux côtés d'une quinzaine de chefs d'Etat et de gouvernement. Avant même l'ouverture du sommet, le président français a rencontré le président congolais Joseph Kabila. Plus tard dans la journée, après une brève conférence de presse, François Hollande doit également s'entretenir avec le chef historique de l'opposition, Etienne Tshisekedi.

Avec nos envoyés spéciaux à Kinshasa,

Dans la capitale, les autorités congolaises ont déployé un important service d’ordre à la veille de la rencontre. La police est très présente, appuyée par des militaires de la Garde républicaine. Un large cordon a été mis en place autour du palais du Peuple où doit se tenir le sommet.

Avec plus de 70 millions d’habitants la RDC est, aujourd’hui, le premier pays francophone au monde. Pourtant François Hollande avait laissé planer le doute cet été sur sa présence à Kinshasa. Finalement le président français sera présent samedi à l’ouverture du sommet pour une journée marathon.

Il a dit avant son départ qu’il considérait comme inacceptable la situation en RDC sur le plan des droits et de la démocratie. Samedi, le chef de l’Etat rencontrera l’opposition congolaise avant de prononcer un discours très attendu au palais du Peuple.

La France n’est pas la seule à s’être saisie du dossier des droits de l’homme en République démocratique du Congo. Pauline Marois, Première ministre du Québec a précisé qu’elle n’aurait aucun entretien privé avec le président Jospeh Kabila en raison de son sombre bilan sur ces questions.

Nous croyons que ce président (Joseph Kabila NDLR) n'a pas respecté les droits démocratiques dans un Etat où nous croyons qu'il est essentiel de le faire. L'élection (présidentielle de novembre 2011 NDLR) a été entachée a été entachée de beaucoup de contraventions...
Pauline Marois: «Nous allons le saluer mais nous n'avons pas l'intention de le rencontrer»
11-10-2013 - Par Bruno Daroux

Jours fériés à l’occasion du sommet

Des manifestations de l’opposition historique congolaise, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) étaient annoncées à l’occasion de ce grand rendez-vous international. Finalement quelque 200 partisans d’Etienne Tshisekedi ont organisé vendredi 12 octobre un bref rassemblement devant le siège du parti.

Les contrôles de sécurité aux abords du palais du Peuple sont fréquents. © REUTERS/Noor Khamis

La journée de vendredi avait été déclarée jour férié tout comme celle de samedi. Une initiative gouvernementale pas toujours appréciée par la population dont les deux tiers vivent sous le seuil de pauvreté selon la Banque mondiale.

Outre les problèmes économiques et les tensions internes, le sommet se déroule dans un pays fragilisé par les violences dans l'est du pays, provoquées depuis quelques mois par le Mouvement du 23 mars (M23), un mouvement rebelle soutenu, selon l'ONU, par le Rwanda voisin.

Le président français a l’intention, lors de sa visite de parler de la situation à l’est de la RDC : «je n'accepte pas que les frontières de ce grand pays puissent être mises en cause par des agressions venant de l'extérieur», a affirmé François Hollande sur RFI avant de s’envoler pour son premier voyage officiel sur le sol africain.

La crise malienne

Au programme officiel de cette quatorzième édition, qui se déroule pour la première fois en Afrique centrale, «Francophonie, enjeux environnementaux et économiques face à la gouvernance mondiale».

Mais les participants devraient aussi et surtout aborder des dossiers épineux. Le Mali par exemple, autre pays de la Francophonie, dont la partie nord est contrôlée par des groupes islamistes alliés à al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

La France voudrait que les Africains s’accordent à demander à la communauté internationale une opération militaire, dans le cadre de l’ONU pour aider les autorités de Bamako à reconquérir les territoires du Nord.

Le conseil de sécurité de l'ONU a adopté ce vendredi, à l'unanimité, une résolution présentée par la France, par laquelle il se dit prêt à donner suite à la demande des autorités maliennes pour qu'une force militaire internationale les aide à reconquérir le nord du Mali.