Derrière les sourires, une rencontre tendue entre François Hollande et Joseph Kabila
Le 14e Sommet de la Francophonie s'est ouvert à la mi-journée, samedi 13 octobre 2012 à Kinshasa. La réunion revêt une connotation politique, quelques mois après la réélection contestée de Joseph Kabila en RDC, le pays hôte. François Hollande a été reçu par son homologue et s'est fait l'avocat des droits de l'homme et de la démocratie. Une posture réitérée à la tribune en séance plénière.
Avec nos envoyés spéciaux à Kinshasa
La rencontre entre François Hollande et Joseph Kabila fut courte : 35 minutes au total. Joseph Kabila a attendu son hôte sur le perron du palais de la Nation. « Bienvenue à Kinshasa », a dit le président congolais. « Merci de m'accueillir », a répondu le président Hollande. La poignée de main fut brève, furtive. Service minimum.
Huis-clos
Dans les longs couloirs menant au salon présidentiel, le président français a ensuite ostensiblement affiché un visage fermé. Il souhaitait rester sur sa ligne de conduite : « Je dis ce que j'ai à dire en toute franchise. Je le dis en face et à qui de droit ».
On ne connaît pas la teneur exacte de leur échange bilatéral en matière de droits de l'homme et de démocratie en RDC. Selon l'Agence France-Presse citant l'entourage du chef de l'Etat, M. Hollande aurait insisté pour que le procès des assassins du journaliste et militant des droits de l'homme congolais Floribert Chebeya se tienne et que ses agresseurs soient condamnés.
« La France porte des valeurs, des principes, a insisté M. Hollande. Et partout où elle a à s'exprimer, elle les rappelle. S'il y a eu des progrès, encore trop timides, ces derniers jours, il y a un processus ». Les « signaux positifs » pointés par François Hollande : la réforme attendue de la Commission électorale (Céni), et la création d'une Commission des droits de l'homme.
Mais le dirigeant français a aussi évoqué la situation qui prévaut au Nord-Kivu, dans l'est de la RDC, comme il l'a expliqué à la fin de cet entretien à huis-clos.
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Le président Kabila n'a rien dit à l'issue de la rencontre, se contentant de raccompagner son hôte à sa voiture. François Hollande avait rendez-vous avec des ONG des droits de l'homme. Il s'est ensuite exprimé à la tribune du Sommet de la Francophonie. Là encore, il a insisté sur son thème du jour : la démocratie et les droits de l'homme.
Elargir la mission de l'ONU
Mais il s'est aussi prononcé pour un élargissement du mandat de la mission de l'ONU si nécessaire en RDC. Et s'est arrêté sur la situation au Mali, dont le nord du territoire est contrôlé depuis six mois par des groupes islamistes.
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Le président de la République française devait rencontrer, en fin d'après-midi, la figure principale de l'opposition à Joseph Kabila en République démocratique du Congo, à savoir Etienne Tchisékédi.
En séance plénière, de petits signes qui ne trompent pas |
Quelques fois, certains gestes sont beaucoup plus parlants que des paroles. Dans les sommets francophones, quand un orateur a terminé son discours et retourne à sa place, la coutume veut que ses voisins l'applaudissent. C'est le « salut ». Mais ce vendredi, quand Joseph Kabila, premier orateur de la cérémonie d'ouverture, est redescendu de son pupitre et a regagné sa place près de François Hollande, celui-ci ne l'a pas applaudi, ne lui a pas serré la main et est resté le regard plongé dans ses notes. Puis, quand le president français est monté à son tour au pupitre, il a commencé son discours en saluant Abdou Diouf, le secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), mais sans prononcer une seule fois le nom de Joseph Kabila. C'est dire l'état d'esprit du président français ici à Kinshasa : il n'a pas ménagé son homologue congolais, et aurait pu en conséquence mécontenter une salle toute acquise à Joseph Kabila. Mais non ! François Hollande a été ovationné, notamment au moment d'évoquer la guerre au Kivu, dans l'Est, lorsqu'il a prononcé cette phrase : « Je veux réaffirmer que les frontières du Congo sont intangibles et doivent être respectées ». A ce moment d'ailleurs, la chef de la délégation rwandaise, la ministre Louise Mushikiwabo, n'a pas bronché. Autre orateur qui n'a pas ménagé le président congolais : le Premier ministre canadien, Stéphane Harper. « Je ne peux passer sous silence les violations des droits de l'homme dans le monde francophone, a-t-il dit. Le ministre canadien de la Francophonie s'est rendu à Kinshasa pour parler de ces problèmes ». Aucune réaction à ce moment-là de la part de Joseph Kabila dont le visage est resté de marbre. En revanche, à la fin de ce discours, François Hollande a applaudi l'orateur canadien. Christophe Boisbouvier, à Kinshasa
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(29) Réactions
ENTRE BAVURE ET MEDIOCRITE
ENTRE BAVURE ET MEDIOCRITE DIPLOMATIQUE
Le système politique francophone n’a pas que des mauvaises notes(cfr. socioeconomie), il a aussi des approches tres riches - et quelque chose d’appreciable: le franc-parler . Ici, français et américains partagent le même principe. Mais un peu plus loin les deux systèmes divorcent : le système francophone utilise un verbe haut plutôt que discret -delà il y a risque de bavure. C’est ici ou le bat blesse.
Hollande a Kinshasa n’était qu’un autre exemple de bavure, et peut-être aussi de médiocrité diplomatique : le président s’était adonné à une sorte de langage facile, moins discret devant les journalistes, matraquant à la fois le pays d’acceuil et son hôte (lequel ne mérite pas beaucoup mais la diplomatie est une école des principes…).
Le président Hollande n’a de même pas manqué à une habitude : il est arrivé une fois de plus en retard. Un record retard : 45 minutes. Bavure ou médiocrité ? A chacun sa réponse… Mais dans tous les cas, ni l’une ni l’autre alternative n’est moins pire.
Hollande a aussi voulu se démarquer.....
A mon avis, il est clair qu' Hollande a voulu se démarquer du discours afFligeant de Sarkozy à Dakar, et de son attitude ingurieuse envers l'Afrique. Ca sert sa politique de "présidence normale" c'est un fait. Mais c'est un bon point pour l'Afrique. IL est temps de metTre un point final, (sans regarder aux intérêts économiques ou géopolitiques), à la Françafrique meutrière de centaine de milliers d'Africains depuis des décennies maintenant.Mais pour ça, il faut espérer du côté de la France qu'Hollande ne se fasse pas rattrapper par la real géopolitique, et du côté de l'Afrique, que nous soyons assez forts et dignes pour dire un non radical aux miettes de corruption que jettent les dictateurs africains à leur population résignée. Parceque la France ne peut pas tout, c'est clair surtout si nous même nous ne recherchons pas avidement la liberté et le respect de notre dignité d'être humain.... C'est valable pour le Congo, mais ça l'est aussi pour les autres populations africaines; résignées..... Et c'est dans l'intérêt de tous.
Chers Congolais
Chers Congolais,...
ne vendez pas le pays a Hollande. Il a chez lui un mandat de 5 ans. Il DOIT ENRICHIR son pays avant la fin de son mandat. Sarkozi a meme contribuer a la destruction des quelques gouvernements Africans. Congolais, resonner, reflechissez, pensez-vous que Hollande, meme si Tshisekedi est au pouvoir, faira quelque chose de bon au Congo??? NON....
vraiment
je ne comprends rien à ce que tu veux , tu crois peut-être que c'est le vent venu du ciel qui va faire quelque chose pour la RDC ? continue de rêver dans le néant, pendant que tu le fait les pays voisin vont de l'avant avec l'argent du sous-sol congolais.
je serai d'avis si le sommet
je serai d'avis si le sommet de la francophonie est organisé tout le jour au congo. ca serait une belle occasion pour l'expression de la vérité. Je ne trouve pas que Francois Hollande est passé à coté de ce qu'il devait faire. le president kabila doit plutot en tirer une lecon pour les jours qui lui restent au pouvoir.
c'est quoi ¢a ?
N' y a t il jamais eu des elections contestees en europe et en amerique ? Je pense que oui.mais juste apres la contestation tout revient a la normale et le drapeau est de nouveau souleve avec fierte par les citoyens de ce pays.puisque les elections sont passees donc la geurre est fini.remettons nous au travaille et faisons de notre mieux pour que nous soyons plus vigilent en 2016.en attendant chers compatriotes nous devons nous dire que ce n'est pas kabila qui s'est fait humilier mais c'est la RDC car jusquu'a ce que autre chose lui arrive,il est le president.
Pourquoi malgre tout le Sommet de la francophonie s'est il tenu
En réaction saux observations faites ci et la par les auditeurs/lecteurs de RFI sur le sommet de la francophonie a Kinshasa; je me permet de poser ma question est de trouver des reponses avec vous tous.
Pourquoi ce sommet s'est il finalement tenu a Kin...? Les observations d'usage sur le dorit de l'homme et autre auraient pu servir a delocaliser le Sommet. Ceci n'a pas été le cas non plus .. alors pourquoi le Congo? Apres plus de 15 ans de tergiversation politique en RDC; il est apparu imperieux de sacrifier certaines consideration et criteres afin de demontrer a une frange de la politique internationale et africaine que les choses devaient changer en RDC. Ce pays pivot de l'integration économique a été et demeure au centre des enjeux geopolitiques tres determinant pour l'economie internationale ;surtoout en cette periode de crise et de croissance attendue en Afrique ( 6%). Le niveau de representation des pays ( tres VIP)et les allocutions faites, demontrent le retour des partenaires internationaux -latins et africain sur le Congo ,qui etait a ce jour sous contrat anglo saxons dans la region des Grand Lacs. Il ya eu aucun moyt de felicitation au Presdident de la RDC sur son election ..ca en dit tres long aussi. la Francophonie est venue non pas legitimer le pouvoir de Kinshasa,quelque soit ce que certains peuvent penser; mais plutot faire sa symbolique politique sur la remise en orbite de la RDC...et quelle orbite??? tout le contraire de sa geopolitique actuelle...les choses serieuses commencent en RDC et en Afrique...
la presences de francois hollande
encore une fois le president francais vient de marquer le point au pays de Lumumba,le petit dictateur congolais a eu chaud pendant le sommet de la francophonie,un petit discours comme un enfamt recitant un poemme,vraiment bravo a hollande qui a pu dire tout haut ce que tout le congolais dise tout bas,voila ou sommes nous dans ce pays pas de liberte dexpression,pas de democratie alors il reste juste la fin de leur mandat et on va leur demander calmement de degager car trop ce trop.
Merci Rfi...
A lire le nombre des commentaires sur votre site cela prouve a suffisance de votre crédibilité en matière d'information..
"En séance plénière, de petits signes qui ne trompent pas" est un reportage fondé sur des faits et non des commentaires protocolaires auxquels sont contraints bien malgré eux les journalistes officiels de la RDC.
- "quand Joseph Kabila, premier orateur de la cérémonie d'ouverture, est redescendu de son pupitre et a regagné sa place près de François Hollande, celui-ci ne l'a pas applaudi, ne lui a pas serré la main et est resté le regard plongé dans ses notes... Puis, quand le président français est monté à son tour au pupitre, il a commencé son discours en saluant Abdou Diouf, le secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), mais sans prononcer une seule fois le nom de Joseph Kabila..." Ici, le journaliste donne des faits. Seuls les faits contredisent les faits et non des commentaires non fondés. Que celui qui estiment que le journaliste n'a pas fait convenablement son travail n'a qu'à apporter des images qui démontrent le contraire de ce récit... Et pour conclure, même la photo en dit long sur le climat qui a régné entre les deux hommes, il suffit de voir la tête que l'épouse de "Kabila" affiche.. Peut-être qu'elle s'était réveillée de mauvaise humeur (cette petite phrase est un commentaire de ma part et non un fait)...
sommet de la francophonie
La Démocratie est une notion à géométrie variable. Pour les grands de ce monde,un dictateur docile est un démocrate, et un démocrate rebelle est un dictateur. Hypocrisie diraient certains, mais, c'est tout à fait normal diraient d'autres, car, l'intérêt demeure toujours le mobile de toutes les actions humaines.