Le leader d'Aqmi menace d'exécuter les otages français en cas d'intervention militaire au Mali

Aqmi a diffusé une vidéo montrant quatre des six otages français enlevés en 2010 au Niger, le samedi 8 septembre 2012.
© AFP/Sahara Medias

Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) profère de nouvelles menaces. Elles surviennent au lendemain de la réunion de Bamako, qui regroupait les organisations internationales et régionales soutenant le gouvernement malien dans sa volonté de reconquête du nord du pays. Une intervention militaire, dont le principe est acquis, signerait « l'arrêt de mort des otages français » aux mains d'Aqmi, affirme le chef d'Aqmi pour le Sahel et le Sahara.

Il s'agit de la première prise de parole officielle du nouvel émir d’Aqmi dans le Sahel. Dans un entretien publié par l’Agence Nouakchott Information (ANI, Mauritanie), Yahia Abou al-Hamam a notamment choisi d’aborder la question des otages français.

Ils sont six : quatre sont retenus par des personnes très proches du nouvel émir, les deux autres par un autre groupe se réclamant d’Aqmi et reconnaissant donc l’autorité du nouveau chef.

Yahia Abou al-Hamam laisse clairement entendre que la vie des otages français est désormais en danger, parce que Paris soutient l’idée d’une intervention militaire dans le nord du Mali. L'Algérien s’en prend même directement au président français François Hollande, en l’accusant d’avoir choisi l’escalade plutôt que la négociation.

Dans le même entretien, il s’adresse aux familles des six otages, et les prévient : si un drame se produit, ce sera à cause de la position de la France.

Il ne fait aucun doute que les jihadistes qui occupent le nord du Mali ont écouté attentivement les résolutions de la rencontre internationale qui vient de s’achever à Bamako. Dans le schéma de sortie de crise retenu, à un moment donné, les armes parleront très probablement dans une partie du nord du Mali. Pour éviter une intervention  militaire, à laquelle ils n'ont aucun intérêt, les jihadistes pourraient garder plus longtemps les otages et faire d’eux des boucliers humains.

Voilà qui complique singulièrement la tâche des médiateurs et intermédiaires qui travaillent à la libération des otages et marchent plus que jamais sur des oeufs.

Nous travaillons tous les jours pour la libération des otages, qui sont dans une situation épouvantable. D'un autre côté, chacun comprendra que, à partir du moment où la communauté internationale (...) dit qu'il faut arrêter le terrorisme au Mali, il faut le faire.
Laurent Fabius
11-10-2013

 

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