Mali: après la réunion de Bamako, les mouvements armés du Nord se font entendre

Un membre d'Ansar Dine près de Tombouctou, le 24 avril 2012.
© AFP PHOTO / ROMARIC OLLO HIEN

Au lendemain de la réunion de hauts représentants de la communauté internationale à Bamako en solidarité avec le Mali, le nouveau chef d'al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a prévenu la France, samedi 20 octobre 2012, que toute tentative visant à libérer les six otages français retenus au Sahel par le mouvement islamiste pourrait conduire à la mort de ces derniers. De leur côté, les autres mouvements armés du Nord, Ansar Dine et MNLA, ont fait connaître leurs positions, sans fermer la porte au dialogue.

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Le rôle de la France dans le processus qui se met en place au Mali pour une réintégration du Nord sous le contrôle de Bamako, inquiète Ansar Dine. «Nous voyons que la France veut faire la guerre obligatoirement contre nous… C’est un projet de guerre français», explique son représentant à Tombouctou, Sanda Ould Boumama. Il affirme que son mouvement, qui «a toujours accepté la solution pacifique à travers les négociations», a des contacts avec les médiateurs algérien et burkinabè. «On ne voit pas la raison pour laquelle la France n’accepte pas la logique de paix.» ajoute le représentant d’Ansar Dine.

Qu'en sera-t-il de la charia ?

La France veut nous faire la guerre. (...) Mais nous avons toujours accepté une résolution pacifique [du conflit] à travers des négociations.

Sanda Ould Boumama
20-10-2012 - Par Cyril Bensimon

Son mouvement serait-il prêt à revenir sur l’application sur la charia dont Bamako ne veut pas entendre parler ?

«L’application de la charia est indiscutable mais on peut discuter de beaucoup de choses. On n’a pas voulu appliquer la charia ni à Marseille ni à Bordeaux. On veut l’application de la charia dans le nord du Mali, et pas dans un autre endroit» précise Sanda Ould Boumama qui conclut «on ne sait pas pourquoi la France veut nous imposer son système laïc

Pour le MNLA, Bamako «a tout son sens»

Le MNLA, lui, ne remet pas en cause les conclusions de cette réunion de Bamako, même s'il aurait souhaité y être associé comme l’explique Ibrahim Ag Mohammed Assaleh du CTA (Conseil de transition de l'Azawad).

Nous continuons à être ouverts au dialogue.

Ibrahim Ag Mohammed Ag Assaleh
20-10-2012 - Par Cyril Bensimon

Un tonneau peint aux couleurs du MNLA à la frontiere du Mali et du Niger. © RFI/Moussa Kaka

Pour le MNLA, «la réunion de Bamako a tout son sens» explique t-il, tout en regrettant que son mouvement n'y ait pas été associé. «On ne craint pas une intervention militaire… qu’elle vienne du ciel ou de la terre. Ce qui est clair c’est que nous privilégions le dialogue. Si on nous force à faire la guerre, on est prêts à la faire jusqu’au bout» ajoute Ibrahim Ag Mohammed Assaleh.

Il n'exclut pas une participation du MNLA à une opération militaire étrangère dans le Nord «à condition que nous voyons le bout du tunnel de nos aspirations politiques, qu’il y ait un dialogue qui nous laisse espérer d’aboutir à un accord définitif

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