Burundi: nouvelles probables exécutions extra-judiciaires dont trois opposants


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Au Burundi, alors que le pouvoir est sous la pression de ses principaux bailleurs de fonds occidentaux, dont l’Union européenne, à propos d’une soixantaine de cas d’exécutions extrajudiciaires documentés par l’ONU en 2011, on a découvert en début de semaine cinq corps flottants à l’embouchure de la rivière Rusizi sur le lac Tanganyika. Et cela à une dizaine de jours d’une conférence qualifiée de cruciale qui doit réunir dans une dizaine de jours à Genève, tous les partenaires du développement du Burundi.  

Des pêcheurs ont découvert par hasard mardi 16 octobre ces cinq corps flottants sur la rivière Rusizi, une dizaine de kilomètres au nord-ouest de la capitale Bujumbura. Deux étaient ligotés par les bras, un autre avait été décapité. L’horreur absolue selon ceux qui ont vu les cadavres. Trois des personnes décédées ont été identifiées peu après comme étant des membres de l’opposition burundaise qui auraient été enlevées, puis exécutées par des agents des services burundais. De nouveaux noms qui viennent allonger la liste des victimes d’exécutions extrajudiciaires dans ce pays.

Le pouvoir sort de son silence

De quoi susciter une nouvelle fois l’indignation du Forum pour le renforcement de la société civile comme en témoigne son leader, Pacifique Nininahazwe : «C’est un phénomène qui avait été plus massif en 2011 ; nous sommes fortement préoccupés que ce phénomène réapparaisse encore une fois, et dans le silence total des autorités.»

Les autorités burundaises sont enfin sorties de leur silence samedi 20 octobre par la voix du porte-parole du Parquet chargé apparemment d’éteindre cet incendie. Elie Nkungwanayo s’est donc évertuer à réfuter le terme d’ «exécutions extrajudiciaires», avant même la fin des enquêtes en cours : «Nous écartons d’abord la responsabilité de l’Etat dans la mesure où le ministère public, il est à l’œuvre. C’est la conclusion de ces investigations qui va nous dire qui est l’auteur, qui est complice.»

A Bujumbura, certains se demandent «qui a intérêt à ternir aujourd’hui l’image du pouvoir» à un tel moment.
 

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