Mali: les chefs du MNLA et d'Ansar Dine discutent alors que les jihadistes affluent au Nord - France - RFI

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Mali: les chefs du MNLA et d'Ansar Dine discutent alors que les jihadistes affluent au Nord

media Iyad Ag Ghali, leader d'Ansar Dine, le 7 août 2012. AFP PHOTO / ROMARIC OLLO HIEN

Tandis que la communauté internationale s'active de plus en plus ouvertement pour lancer une opération militaire pour reconquérir le nord du Mali, les chefs d'Ansar Dine et du MNLA ont tenu récemment une réunion près de Kidal. Aucune déclaration officielle n'a été faite mais les deux groupes armés tentent manifestement de se réconcilier. Parallèlement, selon des témoins dans la région, des centaines de jihadistes étrangers sont arrivés ces derniers jours dans le nord du Mali pour se battre aux côtés des islamistes, en cas d'intervention armée internationale. Une information «formellement» démentie par la rébellion touareg du MNLA.

Les rancœurs ne sont pas encore effacées, et les projets politiques sont toujours très éloignés, mais cette rencontre -qui a duré trois jours- démontre qu'au sein des deux mouvements rebelles il existe une volonté de rapprochement.

Favorables à une négociation avec l'Etat malien

La menace, chaque jour plus pressante, d'une intervention militaire extérieure incite Iyad Ag Ghali, le chef d'Ansar Dine, et son alter ego du MNLA, Bilal Ag Cherif, à la discussion. Le premier, qui entretient des liens avec l'Algérie, et le second, qui réside actuellement au Burkina Faso, plaident de concert pour une solution négociée et non militaire au conflit avec l'Etat malien. Selon des participants à la réunion, la question de fusionner les deux groupes a une nouvelle fois été évoquée et le principe d'une poursuite des discussions après la Tabaski, c'est-à-dire à la fin du mois, a été acquis.

Cela dit, un accord est encore loin d'être signé. Tout d'abord, la démarche de Bilal Ag Cherif est contestée à l'intérieur du MNLA. Ensuite, Ansar Dine ne s'est pas encore démarqué officiellement d'Aqmi, al-Qaïda au Mahgreb islamique, et du MUJAO. Comme le résume un connaisseur de la région, pour Iyad Ag Ghali l'équation est difficile à résoudre. S'il coupe les ponts avec ses alliés du moment il deviendra une cible pour ces deux groupes jihadistes, et s'il ne le fait pas il entrera dans le viseur de la communauté internationale.

Des renforts jihadistes pour les islamistes

Selon des témoins dans la région, des centaines de jihadistes étrangers sont arrivés ce week-end dans le nord du Mali. Si la communauté internationale se prépare pour libérer le nord du Mali occupé (soit les deux tiers du territoire malien), les islamistes, eux, se préparent à se défendre. C’est le sens que l’on peut donner à l'arrivée massive de nouveaux combattants jihadistes ces derniers jours.

A Tombouctou, parmi les nouveaux venus, de nombreux Soudanais d’après des témoins. C’est une première ! Parmi eux également des ressortissants de plusieurs pays du Sahel. On les trouve dans la ville de Tombouctou mais également dans la région alentour.

A Gao, au nord-est, base des islamistes du Mujao, on retrouve venus en renfort, des Tunisiens, des Egyptiens, mais également des combattants en provenance du territoire revendiqué par le Polisario, mouvement indépendantiste soutenu par l’Algérie. L‘an dernier, sur ces mêmes terres, trois otages européens ont été enlevés, avant d’être libérés dix mois plus tard, dans le nord du Mali contre le paiement d’une importante rançon.

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