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Kenya Somalie

Somalie : les troupes kényanes à Kismayo réclament une levée d'interdiction de l’exportation du charbon

Des soldats kényans de l'Amisom, débarqués le 28 septembre au nord de Kismayo.
© Photo AFP / AU-UN IST PHOTO

Les troupes kényanes présentes dans la ville portuaire de Kismayo en Somalie depuis fin septembre, réclament une levée de l’interdiction de l’exportation du charbon. Cette activité d'exportation était une source financière très importante pour les insurgés islamistes shebabs lorsqu'ils contrôlaient ce port. Un rapport de l'ONU estimait que le profit tiré du charbon équivalait à 15 millions de dollars par an. Le Conseil de sécurité avait donc décidé en février dernier d’interdire l’exportation de charbon, considéré comme source financière majeure du mouvement. Cette demande des Kényans de lever temporairement l’interdiction révèlent les liens entre certaines personnalités au pouvoir à Nairobi et des commerçants somaliens.

La demande a d’abord été faite par des voies diplomatiques puis publiquement notamment à travers le compte Twitter de l’armée kényane le 23 octobre. Une pétition signée le 22 octobre par trente hommes d’affaires somaliens demande la levée temporaire de l’interdiction pour une période de sept mois afin d’écouler un stock de quatre millions de sacs de charbon.

Selon plusieurs analystes, cette requête présente plusieurs dangers, d’une part certains commerçants impliqués dans l’exportation du charbon, sont liés aux shebabs qui pourraient bénéficier de la levée de l’interdiction.

Mais il y a une dimension politique. Au sein du gouvernement kényan plusieurs personnalités influentes d’origine ogaden, le ministère de la Défense ou encore le président adjoint de l’Assemblée nationale souhaitent favoriser les intérêts commerciaux des Ogaden qui composent aussi la principale milice alliée à l‘armée kényane, la milice Ras Kamboni.

Si l’exportation du charbon était à nouveau autorisée, cela risquerait de provoquer une levée de boucliers parmi d’autres clans à Kismayo qui se sentiraient lésés.

Le commerce du charbon qui n‘existait pas à cette échelle, avant le règne des shebabs en 2009, a des conséquences catastrophiques pour l’environnement. Et la présidence somalienne a publié un communiqué samedi pour s’opposer à l’exportation.

La requête kényane qui n’est pas soutenue par l’Amisom, la force de l’ONU pour la Somalie, dans son ensemble, pourrait être examinée prochainement au Conseil de sécurité des Nations unies.

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