Affaire Kieffer: bilan mitigé de la visite du juge français Patrick Ramaël en Côte d’Ivoire


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Plus de huit ans après son enlèvement à Abidjan, l'enquête autours de la disparition du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer se poursuit. Durant la première quinzaine d'octobre, le juge d'instruction français Patrick Ramaël s'est rendu en Côte d'Ivoire pour une nouvelle mission.

Toujours pas de corps, toujours pas d'aveu mais le juge Patrick Ramaël poursuit avec obstination son travail d'enquêteur. Lors de son dernier séjour en Côte d'Ivoire, le magistrat français a entendu une nouvelle fois Michel Legré, celui qui aurait servi d'appât le 16 avril 2004 sur un parking d'Abidjan. Il a également interrogé par deux fois le capitaine Séka Séka dans un lieu de détention qui demeure secret.

Selon nos informations, l'ancien chef de la garde de Simone Gbagbo n'est pas resté totalement fermé. Mais face aux questions du juge, il a notamment eu cette réponse singulière : « Ah bon, Kieffer est mort ? ».

Puis, accompagné de deux gendarmes français, Patrick Ramaël s'est rendu à Korhogo avec l'intention d'entendre Patrice Bahi. Là, une mauvaise surprise les attendaient puisque le patron militaire de la zone a refusé, sans préciser la raison, que les enquêteurs français rencontrent l'ancien responsable de la sécurité de Laurent Gbagbo. Sera-t-il plus ouvert avec les gendarmes ivoiriens restés sur place ? C'est le souhait des proches de Guy-André Kieffer.

De cet énième voyage, Patrick Ramaël revient avec un bilan mitigé. Les investigations n'ont pas considérablement progressé mais selon une source proche de l'enquête, le juge français a désormais la ferme conviction que les autorités ivoiriennes veulent que le dossier aboutisse et qu'il ne sera pas enterré aussitôt après son départ.