Côte d’Ivoire : le ministre de l’Intérieur reçoit les chasseurs Dozos pour redéfinir leur place

Le ministre ivoirien de l'Intérieur, Hamed Bakayoko.
© AFP PHOTO / JACQUES DEMARTHON

Le ministre ivoirien de l’Intérieur Hamed Bakayoko a rencontré ce jeudi 1er novembre les différentes confréries des Dozos, ces chasseurs traditionnels qui ont soutenu le camp Ouattara lors de la crise post-électorale et qui sont accusés, depuis la fin de la crise, d’être devenus des supplétifs des Forces républicaines de Côte d’Ivoire. Les Dozos sont accusés d’entraver la liberté de circuler, surtout dans l’ouest du pays, où ils tenaient encore récemment des points de contrôle sur les routes.

Régler le problème des Dozos une fois pour toutes, en ne niant pas leur existence : tel est l’objectif du pouvoir ivoirien.

En recevant des représentants des Dozos venus de tout le pays, le ministre de l’Intérieur a d’abord reconnu publiquement que ceux-ci se sont battus contre les forces de l’ex-président Laurent Gbagbo lors de la crise post-électorale : « Les Dozos ont apporté une contribution à la libération du pays. Je vous dis merci. L’Etat de Côte d’Ivoire n’a pas honte de l’assumer. »

A l’adresse des centaines de Dozos rassemblés pour l’occasion dans une grande salle à Abidjan, Hamed Bakayoko a poursuivi en disant que la guerre était finie aujourd’hui et que chacun devait retourner à sa place. Le ministre de l’Intérieur a révélé aux hommes aux multiples gris-gris que le président Ouattara reçoit régulièrement des personnes d’origine diverses qui lui disent que des « Dozos créent l’insécurité ou font le travail des policiers ».

« Vous n’êtes ni policiers, ni gendarmes, ni magistrats, ni juges », a précisé Hamed Bakayoko à son auditoire, tout en le rassurant : « Personne ne peut supprimer les Dozos. Il faut plutôt identifier les faux des vrais Dozos. »

Sous l’œil approbateur, puis inquiet du commandant Zacharia Koné, lui-même Dozo, le ministre Bakayoko a prévenu : « Un Dozo qui se comporte mal peut aller en prison. » Selon Hamed Bakayoko, les Dozos avaient toujours aidé à sécuriser les zones où il n’y a pas de policiers et de gendarmes. Mais depuis la fin de la crise post-électorale, les Dozos ont perdu l’image d’une confrérie sécurisante. Le pouvoir veut les aider à la reconquérir.