Présidentielle américaine 2012 - 
Article publié le : samedi 03 novembre 2012 à 01:59 - Dernière modification le : samedi 03 novembre 2012 à 01:59

La grandeur assumée de Tamara l’Ethiopienne, ex-mannequin féministe et prolifique

Tamara a aussi ouvert «Therapy Loundge», un bar à chicha branché où des musiciens et des patrons de boîte de nuit africains aiment se retrouver pour fumer une chicha.
Tamara a aussi ouvert «Therapy Loundge», un bar à chicha branché où des musiciens et des patrons de boîte de nuit africains aiment se retrouver pour fumer une chicha.
RFI/Nicolas Champeaux

Par Nicolas Champeaux

De parents érythréens, Tamara Telahun est née et a grandi en Ethiopie avant de rejoindre Washington DC à l’âge de 14 ans. Ses études l’ont ensuite menée au Texas et en Californie, mais elle a trouvé son chez-soi à Atlanta, la ville où elle exerce ses trois métiers.

 

Le père de la grande Tamara Telahun, -elle mesure un mètre quatre vingt trois-, est décédé à sa naissance…Elle a débarqué aux Etats-Unis à l’adolescence avec sa mère et ses cinq frères et sœurs en 1986. « We are the world » le morceau du super groupe caritatif « USA for Africa », coécrit par Mickael Jackson et Lionel Richie afin de collecter des fonds contre la famine en Ethiopie, faisait un tabac aux USA, et Tamara se souvient d’une première rentrée des classes difficile :

« Les élèves m’ont regardée comme si j’étais un fantôme. Ils étaient très intrigués par cette fille maigre, bien trop grande pour son âge, et qui en plus avait un long nez tout droit et des cheveux longs. Pour eux je n’étais pas noire, pour les blancs je n’étais pas blanche non plus. Et ils me demandaient : est-ce que tu es maigre parce que tu n’a rien mangé depuis longtemps ?''. Je crois que pendant plusieurs semaines je suis rentrée de l’école en pleurant et je demandais à ma mère : ramène-moi à la maison ».

Après ces premières blessures, Tamara a décidé d’assumer son physique et sa taille, elle a même été mannequin à Milan et à Paris. Aujourd’hui, elle dessine des bijoux pour les stars. Plus que de l’art, un acte féministe :

« C’est de l’art que l’on porte sur soi, c’est pour la femme qui est fière de qui elle est, pour la femme qui n’est pas gênée qu’on la regarde. Mes bijoux sont des pièces uniques, très colorées, très grandes, et elles sont inspirées des tribus africaines. Je m’attaque à l’idée reçue selon laquelle il faut être à moitié nue pour être attirante, pour moi c’est l’inverse : tu peux être couverte de la tête aux pieds et avoir un seul beau bijou ou un très bel accessoire pour être attirante ! »

Tamara a aussi ouvert Therapy Loundge, un bar à chicha branché où des musiciens et des patrons de boîte de nuit africains aiment se retrouver pour fumer une chicha. A deux pas dans son bureau sans fenêtre, elle dessine les aménagements intérieurs d’une église éthiopienne en Floride à Tampa. Comme bon nombre d’Américains, elle a trois métiers, mais c’est aussi un héritage africain :

« Mes parents disaient toujours. …. Je ne sais pas trop comment on dit ça en anglais, mais en gros, ils nous conseillaient de préparer de nombreux plats, pour être sûre qu’il y en aura au moins un qui sera très bon et que l’on pourra servir aux invités. Et j’ai gardé cette approche pour ma carrière ».

Son accent éthiopien est à peine perceptible mais à quarante ans, Tamara n’est plus en proie au doute quant à son identité, elle assure : « Je suis née africaine, je mourrais africaine ».

tags: Architecture et urbanisme - élections USA 2012 - Erythrée - Ethiopie - Mode
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