Kenya : la victoire de Barack Obama célébrée dans le village de sa grand-mère - France - RFI

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Afrique

Barack Obama élections USA 2012 Etats-Unis Kenya

Kenya : la victoire de Barack Obama célébrée dans le village de sa grand-mère

media

En Afrique, l'élection américaine a été particulièrement suivie. Au Kenya, pays d’origine du père de Barack Obama, la victoire du président américain a été accueillie avec une grande joie, notamment à Kogelo. Dans ce village, non loin du Lac Victoria dans l’ouest du pays, vit la grand-mère, appelée Mama Sarah, 90 ans. C'est elle qui s’est occupée du père de Barack Obama, qui l’a élevé.

Avec notre envoyée spéciale à Kogelo, Stéphanie Braquehais

La télévision a été branchée sur la chaîne américaine CNN toute la nuit qui a annoncé que Barack Obama était en tête. A ce moment-là, les gens ont hurlé de joie. Autour de l’écran télé, un groupe de musiciens, qui avait tenu des heures hier la foule pour danser et chanter, a recommencé à jouer malgré les coupures d’électricité assez répétées. Coupures qui n’ont pas entamé l’enthousiasme général.

Les enfants même ont fait un tour devant l’écran avant d’aller à l’école, celle d'Obama qui se trouve juste à côté de l'endroit où l’écran était installé. Des motocyclettes passent dans la rue avec des gens qui brandissent des branchages pour célébrer la victoire.

Tout le monde s’attendait à ce que l’annonce des résultats prenne beaucoup plus de temps et du coup, pendant la nuit, il y a eu quand même un petit moment de mou. Les gens sont rentrés chez eux. Il y a eu beaucoup de pluie hier. Mais tôt ce matin, les gens sont revenus. Un jeune disait : « Je célèbre la victoire d’Obama car il est Noir et je suis Noir ».

Une identification est toujours assez présente dans ce village où l'on considère que Barack Jr est le fils luo du pays. Luo est l’ethnie majoritaire dans l’ouest du Kenya, tout autour du lac Victoria. Son père était luo. Or c’est un système patrilinéaire. On s’attend à ce que la grand-mère âgée de 90 ans s’exprime à tout moment. Hier, elle disait qu’elle allait beaucoup prier.

Kogelo, au pays de Mama Obama

Un petit panneau où est inscrit rue Mama Sarah indique le village. Celui-ci n’a guère changé depuis quatre ans, si ce n’est une route à moitié goudronnée, et un grand édifice, qui se présente comme le grand-hôtel du coin, en même temps, il n’y a guère de concurrence.

Ce même hôtel qui comptait n’accueillir que les VIP, entrée payante, a dû se résoudre à ouvrir les portes à tout le monde, pour éviter les bousculades. Cela n’entame pas l’enthousiasme de ce professeur, habitant de Kogelo et au chômage depuis trois ans  :

« Il y a eu tellement de changement ici. Vous pouvez voir les routes en train d’être bitumées, on apprécie cela. Beaucoup de choses, comme par exemple, ce bâtiment avant n’existait pas. Et tout cela arrive à cause d’Obama, enfin à cause du nom Obama. »

Visiter Kogelo, c’est aussi, tenter de démêler l’extrême complexité des liens familiaux.
Marchant sur le chemin longeant l’école nommée sénateur Obama, Pascal Hussein se présente comme un cousin. Il est en fait le fils d’une cousine du président, et ce n’est pas toujours léger à porter :

« On me demande des faveurs, on me demande de l’argent. Ou alors on me dit, "est-ce que vous pouvez aider mon fils, je voudrais qu’il aille aux Etats-Unis?" Quand vous leur dites que vous ne pouvez pas les aider, ils pensent que vous refusez arbitrairement. Tout le monde pense qu’on a la vie facile parce qu’on est proche du président, qu’on vient de la même famille ».

A côté de lui, Mustafa Obama, fils de l’autre épouse de Barrack père, qu’il a rencontré après avoir quitté Ann : « Il devrait se concentrer plus sur l’Afrique, notamment en termes d’éducation ou de santé. Si je veux communiquer avec lui, je dois d’abord passer par son assistante personnelle, puis envoyer un e-mail et là il peut me répondre. Mais comme il n’a pas de Blackberry, je ne peux pas lui parler au téléphone ».

La grand-mère, Mama Sarah, qui a élevé le père de Barack Obama, mais qui n’est pas la mère biologique, a désormais 90 ans. On la dit fatiguée, mais toujours en bonne santé. A côté de sa maison, d’allure modeste, une station de police a été érigée, et des gardes du corps sont là pour la protéger en permanence.

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