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Burundi Médias

Burundi: Hassan Ruvakuki continue de clamer son innocence

Le journaliste burundais Hassan Ruvakuki, le 18 octobre 2012.
© AFP/Esdras Ndikumana

Le procès en appel du correspondant de RFI en swahili, Hassan Ruvakuki, se poursuit à Gitega au Burundi. Condamné en première instance à la perpétuité pour «actes de terrorisme», pour avoir organisé une attaque lancée par une nouvelle rébellion à partir de la Tanzanie en novembre 2011, puis d'en avoir fait la publicité, alors qu'il ne faisait que son métier de journaliste, Hassan Ruvakuki peut désormais s'expliquer face aux juges.  

Hassan Ruvakuki s’est présenté à la barre entouré par ses cinq avocats dans l’uniforme vert que portent traditionnellement les détenus au Burundi et un manteau noir, le visage marqué par plusieurs mois d’incarcération.

Le correspondant de RFI en swahili au Burundi a d’entrée de jeu proclamé son innocence : « Je ne suis pas un terroriste, je ne l’ai jamais été et je ne le serai jamais, je suis journaliste », a martelé Hassan Ruvakuki.

Il ne nie pas être allé en Tanzanie à l’époque, « mais je suis allé, a-t-il expliqué, en tant que journaliste, pour faire mon travail en couvrant la naissance d’une nouvelle rébellion, a-t-il poursuivi, et d’ajouter, malgré cela j’ai été arrêté comme un voleur, traité comme un ennemi de la nation et condamné comme le pire des criminels, juste pour avoir fait mon travail ».

On a senti à ce moment précis de l’émotion, beaucoup d’émotion, à travers la petite salle d’audience pleine à craquer de diplomates occidentaux, de journalistes burundais, et aussi parmi la centaine de personnes qui suit le procès grâce à des haut-parleurs installés à l’extérieur de la salle.

Puis le procureur de la République a réagit en expliquant que le fait qu’Hassan Ruvakuki soit parti clandestinement en Tanzanie prouve selon lui qu’il faisait partie du groupe terroriste qui a attaqué le Burundi en novembre 2011 à partir de ce pays voisin, ce qui lui a valut sa condamnation à la prison à vie en première instance. Une phrase qui a provoqué des cris de protestations, de la part notamment des nombreux journalistes présents dans la salle.

L’audition de Hassan Ruvakuki se poursuivait à la mi-journée ce jeudi 8 novembre 2012, dans l’attente du témoignage d’un journaliste international, requis comme un expert par la défense et qui a promis de faire part de son expérience de journaliste qui n’a pas pu respecter la loi, en expliquant comment il a rencontré et interviewé sans l’aval de sa direction de nombreux rebelles africains, aujourd’hui à la tête de plusieurs pays de ce continent.

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