Mali: les chefs d'Etat ouest-africains réunis pour valider un plan d'intervention armée


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Le sommet des chefs d'Etat de la Cédéao à Abuja, au Nigeria, s'est ouvert ce dimanche 11 novembre 2012. Au centre des discussions, la crise dans le nord du Mali, et plus précisément, l'intervention militaire pour reconquérir la région. L'intervention dès la séance inaugurale d'un non membre de la communauté des Etats d'Afrique de l'Ouest a marqué les esprits.

Lors de l’ouverture de cette session extraordinaire, le Premier ministre tchadien, Emmanuel Nadingar, a pris la parole après les discours officiels. Il s’est exprimé au nom d’Idriss Deby, le chef de l’Etat, qui n’a pas pu être présent ce dimanche.

Une intervention symbolique, car le Tchad n’est pas membre de la Cédéao. Le pays est invité à cette réunion, au même titre que l’Afrique du Sud, la Mauritanie, l’Algérie, le Maroc et la Libye, qui sont représentés.

Et lors de son intervention, le Premier ministre tchadien a déclaré que le recours à la force n’était pas antinomique avec un dialogue avec « ceux des groupes armés qui seraient disposés à déposer les armes et à regagner la légalité ».

Autrement dit, le Tchad encourage les tentatives de négociation, qui ont lieu en ce moment à Ouagadougou, avec les autorités burkinabè. Les quinze pays membres de la Cédéao sont sur cette même ligne-là.

Le président nigérian, Goodluck Jonathan, hôte de cette réunion, l’a rappelé lors de son discours.

« Pour une Nation, a-t-il dit, c’est un signe de maturité politique, que d’utiliser le dialogue pour résoudre une crise, plutôt que la force ».

Le reste des discussions à venir ce dimanche doit se dérouler à huis clos. Les chefs d’Etat et de gouvernement doivent normalement clarifier les rôles des forces en présence. Il s’agit d’affiner l’architecture de ce plan d’intervention militaire, c'est-à-dire, déterminer le niveau de participation des différents pays africains, et des moyens militaires dont devra disposer la force.

Ce plan d’intervention a connu quelques petits changements. Initialement, il prévoyait l’envoi de 3 200 hommes dans le nord du Mali. Ce déploiement pourrait être bien plus important, et comprendre 5 500 soldats.

La force devrait également inclure des troupes non ouest-africaines, d’où la présence d’autres pays du continent. La réunion doit se terminer en fin de journée.