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Contactée par RFI, Chantal Compaoré était surprise que les médias soient informés du lieu de leur refuge. Après un conciliabule, l'ancienne première dame confirme: «Le président et moi sommes bien à Yamoussoukro». «Tout va bien», poursuit-elle, avant d'ajouter que Blaise Compaoré et elle-même ne souhaitaient pas faire de commentaire «pour le moment».

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RDC: reprise des combats dans le Nord-Kivu

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De nouveaux combats sont signalés ce samedi 17 novembre dans le Nord-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo. Les affrontements se concentrent à Kibumba, au nord de Goma. L’armée congolaise et la société civile affirment qu'il s'agit d'une offensive des rebelles du M23 qui bénéficieraient d'un appui rwandais, selon ces mêmes sources, par le biais des tirs d'artilleries. Les combats entre l'armée et le M23 ont repris il y a deux jours, après trois mois de trêve. En conséquence, le Conseil de sécurité des Nations unies se réunira en urgence samedi 17 novembre à 20h00 TU. 

Le colonel Olivier Amuli, porte-parole des FARDC (Forces armées de RDC), contacté au téléphone par RFI ce samedi matin 17 novembre, a accusé le M23 d’avoir pris l’initiative de ces affrontements, en attaquant les positions de l’armée régulière, aujourd'hui à l’aube.

«Nous tenions très bien nos positions avant d'être malheureusement coupés par une force qui est venue du côté du Rwanda. Nous avons donc dû faire un repli stratégique afin de nous réorganiser et de lancer une contre-offensive. La localité de Kibumba est maintenant sous contrôle des rebelles M23», a déclaré le lieutenant-colonel Amuli. 

De son côté, Vianney Kazarama, le porte-parole de la rébellion, lui aussi joint au téléphone, a confirmé ces affrontements et revendiqué le contrôle de Kibumba, tout en soutenant qu’il n’y a pas eu de trêve depuis la reprise des hostilités, jeudi 16 novembre.

Les FARDC et la société civile du Nord-Kivu ont fait également part à RFI d’un appui de l’armée rwandaise au M23, à partir du mont Hehu, en territoire rwandais. Des obus provenant de cet endroit seraient dirigés vers des positions des FARDC, dans le secteur de Kibumba. 

Mais le porte-parole du M23 a démenti ces affirmations. Il déclare que pour l'instant, les rebelles ne souhaitent pas poursuivre les combats vers Goma - à moins d'être attaqués par les FARDC : « Les éléments révolutionnaires du M23 contrôlent le territoire de Kibumba. Nous demandons au président Kabila de venir à la table des négociations, pour qu'on trouve un compromis politique. Si les FARDC tentent à nouveau une offensive contre nos forces, nous allons les poursuivre et les chasser en dehors même de la ville de Goma ! Mais s’ils acceptent de parler avec nous, nous sommes prêts à amener la paix,  prêts à négocier avec Monsieur Kabila ».

Depuis vendredi, des casques bleus de la Monusco ont été placés en état d’alerte élevée et des équipes de réaction rapide ont été déployées autour de la ville de Goma, y compris à l’aéroport. Contacté par RFI samedi soir, le porte-parole de la Monusco, Manodjé Mounoubai, a reconnu également que les forces de l'ONU étaient intervenues le matin même contre le M23. 

« Nous tenons le M23 pour responsable de ces nouveaux affrontements. »
Manodjé Mounoubai, porte-parole de la MONUSCO : 11/10/2013 - par Laurent Correau écouter

Par ailleurs, le ministère français des Affaires étrangères s'est dit « très préoccupé par la reprise et l’intensification des combats opposant l’armée régulière congolaise aux troupes du M23 ». Dans un communiqué publié samedi après-midi, « la France appelle à la cessation immédiate des combats, à la protection des populations civiles et de tous les acteurs humanitaires. Elle demande à tous les pays de la région de s’abstenir de toute ingérence dans les affaires intérieures de la RDC. »
 

C'est par une visite de travail entouré de quelques collaborateurs à Matignon, que s'est achevée vendredi 16 novembre la visite en France du Premier ministre de RDC Augustin Matata Ponyo. Pendant trois jours, il a rencontré plusieurs ministres ainsi que de nombreux chefs d'entreprise avec pour objectif de rassurer les investisseurs, donner des gages d’avancées démocratiques et parler de la sécurité au Nord-Kivu.

Sécurité au Nord-Kivu, économie, démocratie. Les dossiers abordés avec son homologue français, Jean-Marc Ayrault, sont exhaustifs. En moins d'une heure, Augustin Matata Ponyo a exposé à son hôte ses préoccupations. Et bien sûr, affirme-t-il, il a eu des assurances du chef du gouvernement français.

Sur le Nord-Kivu, par exemple, en proie à un regain d’instabilité depuis six mois, avec la création d’une nouvelle guérilla. Il assure que la France s'impliquera pour que cette région retrouve la paix. Mais de quelle façon Paris s'impliquera-t-il dans ce dossier ? Soutien diplomatique ou militaire, Augustin Matata Ponyo rassure simplement : « Le Premier ministre français a pris des engagements et nos collaborateurs prendront le relai ».

En tout cas, cette première visite ressemblait plutôt à un parcours du combattant.Augustin Matata Ponyo a rencontré Laurent Fabius (Affaires étrangères), Pierre Moscovici (Finances), Yamina Benguigui (déléguée à la Francophonie), Pascal Canfin (délégué au développement), ainsi que plusieurs opérateurs économiques.

Et son message est le même : « la volonté de consolider le partenariat économique avec la France, en montrant tous les efforts accomplis pour stabiliser le cadre macro-économique, afin d'améliorer le climat des affaires et encourager les investisseurs français à venir » en RDC.

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