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Mali : le Mujao revendique le rapt du ressortissant français

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Le Mujao – Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest - qui occupe actuellement le nord du Mali - a revendiqué, ce mercredi 21 novembre, l’enlèvement du Français, d’origine portugaise. Gilberto Rodrigues Leal, âgé de 61 ans, a été enlevé, mardi, dans la ville de Diéma, dans le sud-ouest du pays, près de la frontière mauritanienne.

«Les moujahidine, avec la bénédiction de Dieu, ont dans leurs mains un Français venant d’un pays qui veut diriger les armées contre les musulmans » a déclaré, dans un appel téléphonique à un journaliste de l’AFP à Bamako, Abdoul Hicham, membre de la direction du Mujao qui n’a pas dit explicitement si c’était son groupe ou ses alliés d’al-Qaïda au Mghreb islamique (Aqmi) qui détenait l’otage.

Gilberto Rodrigues Leal a franchi la frontière mauritano-malienne en voiture vers 11 heures du matin, le mardi 20 novembre, au poste frontière de Gogui, au sud de Koubeni. A son arrivée dans la ville malienne de Diéma - carrefour incontournable pour les voyageurs dans la région -, il s’est adressé à des jeunes qui l’ont guidé vers un cybercafé. Il y est allé à deux reprises pour tenter de se connecter à internet. Dans ce centre multimédia, un homme l’a croisé. Joint par RFI, il nous décrit le ressortissant français comme un voyageur à l’allure de touriste qui avait aménagé sa voiture pour y dormir.

C’est un voyageur. Il a fait beaucoup de pays en Afrique.
Témoignage de l'homme qui a croisé le ressortissant français 11/10/2013 - par Marie-Pierre Olphand écouter

En début de soirée, le Français a retrouvé les jeunes qu’il avait rencontrés quelques heures plus tôt. Il discutait avec eux quand des hommes enturbannés, à bord d’un véhicule, sont arrivés. « Un véhicule s’est arrêté ; des gens enturbannés sont sortis. Ils parlaient arabe ; étaient armés et ont braqué leurs fusils », raconte l’homme qui avait auparavant rencontré le ressortissant français. Gilberto Leal a alors été enlevé. Seule sa voiture a été retrouvée sur les lieux.

Le cercle de Diéma - où l’enlèvement a eu lieu - était réputé plus sûr que le nord du Mali mais ces dernières années, l'endroit est devenu un carrefour très animé où il est devenu facile de se fondre dans la population.
Joint par RFI, un élu de Diéma, qui a préféré garder l’anonymat, se dit « choqué » par cet enlèvement.

Le cercle de Diéma est devenu, aujourd’hui, un carrefour international très fréquenté.
Témoignage Un élu de Diéma 11/10/2013 - par Marie-Pierre Olphand écouter


La fragilité de la situation au Mali

L’enlèvement du ressortissant français dans la région de Kayes a été confirmé par Paris. Bien que le kidnapping ait eu lieu dans une zone qui n’est pas sous contrôle des groupes islamistes - contrairement au nord du Mali - le président français, François Hollande, a rappelé qu'il se prépare une intervention militaire dans le nord du pays. Ce nouvel enlèvement est une preuve de plus de la fragilité de la situation au Mali.

Dans ce contexte, François Hollande a demandé aux Français qui se rendent dans la région, de prendre « toutes les précautions » et réitéré sa demande d’une libération des otages retenus au Sahel.

J’ai déjà averti tous ceux qui pourraient se trouver dans la région de prendre les précautions nécessaires.
François Hollande Président de la République française 11/10/2013 - par France Inter écouter

De son côté, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius a appelé une nouvelle fois les ressortissants français à « ne pas se rendre dans cette partie du Mali où ils exposent leur vie et leur sécurité ». Actuellement, des groupes islamistes armés, dont la branche maghrébine d’al-Qaïda, occupent tout le nord du Mali où ils détiennent douze otages de diverses nationalités. Ce dernier enlèvement porte à sept le nombre de ressortissants français détenus au Sahel. Une opération militaire africaine est en cours de finalisation et sera présentée, la semaine prochaine, à l’ONU pour être éventuellement adoptée courant décembre.

Un responsable du Mujao a revendiqué l'enlèvement du ressortissant français au nom de tous les jihadistes qui contrôlent le nord du Mali. Il ne donne pas beaucoup de détails, notamment sur la katiba qui a organisé le rapt ou bien s'il s'agit d'une opération montée par des intermédiaires qui ont ensuite échangé l'otage contre de l'argent.

Dans tous les cas, il faut s'attendre à de longues et difficiles négociations pour obtenir sa libération. On le sait, les jihadistes sont sous pression de la communauté internationale qui évoque la possibilité d'intervenir militairement dans le nord pour les chasser. En prenant un nouvel otage, le Mujao veut aussi faire passer ce message : si vous nous attaquer militairement, nous nous en prendrons à vos ressortissants.

 

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