Mis en cause dans un rapport de l'ONU, le numéro 2 des FARDC est suspendu

Le général Gabriel Amisi (C), ici en 2004, a été suspendu de ses fonctions de chef de l'état-major de l'armée de terre.
© AFP PHOTO/HELEN VESPERINI

Alors que les FARDC enregistrent un sérieux revers militaire dans le Nord-Kivu, le numéro 2 des forces armées congolaises vient d'être suspendu de ses fonctions par le président Joseph Kabila. L'information a été confirmée ce jeudi après-midi par le ministre de la Communication, Lambert Mendé. Le général Gabriel Amisi, chef d'état-major de l'armée de terre de la RDC, est cité dans un rapport d'experts de l'ONU l'accusant d'être impliqué dans un trafic d'armes destinées à des groupes armés dans l'est du Congo

Tout est parti du rapport mené par des experts indépendants pour le compte des Nations unies rendu public mercredi 21 novembre. Dans ce document de 207 pages que RFI s'est procuré, le nom du général Amisi est associé à de sombres affaires de ventes d'armes destinés à des groupes armés de l'est du pays.

Le chef d'état-major de l'armée de terre, ancien rebelle, est d'abord accusé de contrôler un réseau de distribution de munitions de chasse à des braconniers et à des groupes armés, dont les Raia Mutomboki, alliés au M23, selon les experts onusiens. Le général Gabriel Amisi, surnommé « Tango Fort », est également accusé d'avoir fourni 300 fusils d'assault AK-47 au groupe Nyatura, qui sévit également dans l'est de la RDC. Selon l'ONU, l'acheminement et la distribution des armes et munitions se fait en famille. Un jeune frère du général est nommément cité. L'ancien garde du corps du haut gradé stocke et vend les munitions.

Selon Lambert Mendé, le porte-parole du gouvernement, ce trafic d'armes se déploie jusqu'au Congo-Brazaville, où les munitions sont achetées avant d'être acheminées clandestinement à Kinshasa puis transportée à l'est du pays. Le président Kabila a ordonné une enquête approfondie sur les responsabilités de son chef de l'armée de terre.

Gabriel Amisi Kumba est un ancien de l’Ecole de formation des officiers de Kananga (l’EFO). Surnommé « Tango Four », il a commencé sa carrière militaire sous le régime Mobutu. Récupéré par l'Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre (AFDL) de Laurent Désiré Kabila (président de la République démocratique du Congo de mai 1997 jusqu'à son assassinat en janvier 2001), il se retrouve dans le RCD-Goma (Rassemblement congolais pour la démocratie), la rébellion pro-rwandaise née en août 1998.

Pendant l’occupation de Kisangani par le RCD-Goma, Gabriel Amisi est cité parmi les auteurs, avec le chef rebelle tutsi Laurent Nkunda, du massacre des jeunes du groupe Bana USA (Les enfants des Etats-Unis). A la réunification du territoire et de l’armée, il est désigné général et devient ensuite commandant de la force terrestre. Rapidement, il se révèle être un homme d’affaires prospère. Maniema Union, un groupe d’affaires qui lui appartiendrait, entretient des relations d’affaires avec le Rwanda.

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