RDC: le M23 peu convaincu par le sommet de Kampala

Des rebelles du M23 à Goma le 20 novembre 2012.
© REUTERS/James Akena

Réunis en Ouganda, les chefs d'Etat de la région des Grands Lacs ont demandé aux mutins du M23 de quitter Goma dans les 48 heures. En échange, Joseph Kabila doit écouter leurs revendications. A Goma justement, les rebelles estiment que les priorités sont inversées. Suspicieux, ils exigent d'abord un dialogue avec le président. Rien n'indique qu'ils s'apprêtent à partir.

Dans la guerre comme dans la recherche de la paix, il faut parfois se rattacher aux symboles. A Goma, dès que les conclusions du sommet de Kampala ont été connues, plusieurs blindés des Nations unies se sont remis à patrouiller dans les rues du centre-ville. Ils étaient restés invisibles depuis la chute de la capitale du Nord-Kivu aux mains des rebelles du M23, le 20 novembre. Le retour des forces de la Mission de l’ONU pour la RDC (Monusco) est passé d’autant moins inaperçu que l’éclairage public est enfin revenu.

La situation est précaire à Goma
Laurent Kitsitsina
11-10-2013 - Par Cyril Bensimon

Les casques bleus seront-ils les seuls les seuls à contrôler la sécurité de Goma dès lundi soir, à la fin de l’ultimatum lancé au M23 pour qu’il se retire de la ville ? Cela semble hautement improbable. Depuis la capitale ougandaise, où il se trouve, le chef politique du M23 Jean-Marie Runiga a clairement laissé entendre que la rébellion n’abandonnera pas Goma sur la seule promesse d’une ouverture de discussions avec le pouvoir congolais.

Dans la capitale du Nord-Kivu, le porte-parole du M23 rappelle son exigence : ces discussions doivent être inclusives, autrement dit l’opposition et la société civile doivent y être représentées. Le colonel Vianney Kazarama insiste par ailleurs sur l’activité militaire des forces pro-gouvernementales, qui selon lui se préparent à relancer des opérations sur les positions tenues par la rébellion.

Le M23 prétend en fait que Kinshasa joue un double jeu, promettant la paix mais préparant la guerre. Plusieurs officiers rebelles assurent qu’ils n’entendent pas engager la confrontation. Mais en cas de provocation, assurent-ils, ils répondront avec la plus grande vigueur.

Pour plusieurs membres de la majorité contactés à Kinshasa, la mise en œuvre du processus arrêté à Kampala permettrait le retour de la paix dans l’est de la RDC. Dans le camp présidentiel, les personnes interrogées misent en effet sur la bonne foi des dirigeants des pays de la Conférence internationale de la région des Grands Lacs (CIRGL). Des dirigeants soucieux, explique-t-on, de créer des conditions de stabilité dans leur espace.

Côté opposition en revanche, on observe des interrogations et une certaine méfiance. Ici, on doute de la fiabilité et surtout de l’efficacité du contenu de la déclaration du sommet de Kampala. Une déclaration qui ne serait, selon certains opposants, qu’un simple communiqué adopté avant des discussions directes entre le gouvernement de la RDC et le M23. Pour certains, cette déclaration serait contraire aux revendications des rebelles. Ces derniers avaient, explique-t-on, exigé une table ronde à laquelle devrait participer aussi d’autres composantes de la nation afin de trouver une solution globale à la crise congolaise.

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